Derrière les allures de no man’s land du Plateau Est se cache une zone d’emploi dont la vitalité et l’effervescence étaient, jusqu’à tout récemment, insoupçonnées; c’est ce qui ressort de l’étude économique réalisée, cet été, par la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-Sud – Plateau-Mont-Royal, à la demande de l’arrondissement.

« Il y a beaucoup d’activités foisonnantes dans ce secteur. Il y a une espèce de buzz, en ce moment. Dans l’ancien bâtiment de la Cadbury, c’est clair qu’il se passe quelque chose », estime Josée Duplessis, conseillère de Ville pour le district De Lorimier.

Une impression que semblent confirmer les résultats de l’étude: dans la zone limitrophe située à l’ouest de la voie ferrée du Canadien Pacifique (CP), on retrouve 299 entreprises, ce qui représente 4591 emplois. De ce nombre, 55 % sont venues s’y implanter dans les sept dernières années.

« Dans les gros édifices, il y a une transformation qui s’est faite. Il y a une partie des industries de fabrication qui a migré vers les parcs industriels ou en périphérie pour prendre de l’expansion. On a beaucoup de petites entreprises qui sont venues les remplacer », expose Marie-France Bellemare, agente de développement économique local pour le secteur du Plateau à la CDEC.

Dans les petits pots…

Ces petites compagnies, qui regroupent moins de 10 employés, représentent 78 % du parc d’affaires de la zone d’emploi du Plateau Est. Elles se spécialisent principalement dans les domaines des services professionnels, scientifiques et techniques; de la fabrication ainsi que des arts, spectacles et loisirs.

« On a beaucoup de gens qui se lancent en affaires sur le Plateau. Ils débutent comme travailleurs autonomes, puis s’ouvrent une boîte avec quelques employés. Plusieurs habitent à côté. Ça témoigne d’un nouveau mouvement entrepreneurial qu’on sent sur le Plateau, dans lequel les gens cherchent à avoir une certaine qualité de vie », ajoute-t-elle, en se référant à l’étude Indicateurs de base du dynamisme entrepreneurial du Centre-Sud et de Plateau-Mont-Royal, qui révèle que 15,1 % de la population du Plateau-Mont-Royal était propriétaire d’une entreprise, en 2011, comparativement à 9,5 % pour l’ensemble du Québec.

Cette multitude de compagnies éclectiques apporte une couleur propre à l’économie locale, et favorise les échanges.

« Il y a beaucoup de liens d’affaires entre ces entreprises qui fonctionnent de manière plus organique », indique Mme Bellemare.

À l’opposé, on retrouve quelques entreprises plus imposantes, comme le centre de transport de la Société de transport de Montréal (STM), le centre Lucie-Bruneau et Staff personnel, qui regroupent près de 400 employés chacune.

Accessible et abordable

Qu’est-ce qui attire les gens d’affaires dans l’est du Plateau ? Parmi les principaux facteurs énumérés, on retrouve en premier l’accessibilité. La présence de grands axes routiers (notamment les rues Frontenac et D’Iberville ainsi que l’avenue Papineau), la possibilité de se déplacer à pied ou à vélo et la proximité de secteurs centraux sont très appréciées des travailleurs.

Cependant, les changements apportés aux voies de circulation, le manque de stationnement et le déneigement menacent cette accessibilité, indique-t-on dans l’étude économique. L’implantation de vignettes de stationnement dans le secteur voisin à la zone d’emploi, quant à elle, n’aurait pas eu d’impact majeur, soutient Mme Bellemare.

Le faible coût des loyers et la possibilité de créer un milieu de vie, avec des commerces de proximité, sont également perçus comme des atouts de ce secteur.

L’Étude économique de la zone d’emploi du Plateau-Est est disponible sur le site Internet de la CDEC Centre-Sud – Plateau-Mont-Royal: http://bit.ly/QIz0OZ.

 

La zone d’emploi du Plateau Est, en bref…

Voici un aperçu de la zone d’emploi du Plateau Es, en chiffres:

– 299 entreprises

– 4591 emplois

– 78 % des entreprises comptent moins de 10 employés: 58 % embauchent moins de cinq employés et 20% en embauchent de cinq à neuf.

– 42 % des entreprises sont dans des bâtiments de grand gabarit, soit l’édifice Fry-Cadbury, le centre industriel Rosemont et le 5000 Iberville.

– 51 % des entreprises offrent des emplois nécessitant un diplôme universitaire

– 40 % des entreprises offrent des emplois nécessitant un diplôme collégial

– 45 % des entreprises offrent des emplois nécessitant un diplôme technique

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