Longtemps perçue comme un obstacle, la voie ferrée du Canadien Pacifique (CP) se retrouve maintenant au cœur d’un projet de revitalisation, mené conjointement par les arrondissements de Rosemont – La Petite-Patrie et Le Plateau-Mont-Royal.

L’initiative a pour but de créer un nouveau quartier à l’échelle humaine, avait confié Josée Duplessis, conseillère de Ville pour le district De Lorimier, en entrevue avec le journal Le Plateau, au mois d’avril dernier.

Avec les résultats de l’étude de caractérisation de la zone d’emploi du Plateau Est en main (voir autre texte), les élus des deux arrondissements et leurs partenaires en sont désormais à définir une vision d’aménagement. Cette étape sera chapeautée par Rosemont – La Petite-Patrie, de sorte à éviter les doublons.

Une vision tardive ?

 

Le développement du territoire rosemontois est déjà commencé et va bon train. Pensons notamment au projet domiciliaire Norampac, dont l’aménagement du terrain où seront construites 1400 unités a commencé, au Technopôle Angus piloté par la Société de développement Angus (SAD), ainsi qu’au site Préfontaine, qui allie les fonctions résidentielles et sociales. Seul l’Espace Affaires Rosemont, délimité par les rues D’Iberville, Masson, De Lorimier et le boulevard Rosemont, reste à déterminer.

Est-il alors trop tard pour définir une vision commune entre les deux arrondissements ? Questionnée à ce sujet, Mme Duplessis demeure prudente, indiquant que le projet en est encore à ses débuts et qu’elle ne désire pas trop s’avancer.

« Il y a une affinité entre le Plateau et Rosemont, parce qu’on a les mêmes genres de défis d’urbanisme », s’est-elle contentée de répondre.

À savoir si l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal consultera les sociétés privées responsables des projets entamés sur le territoire rosemontois, la conseillère concède qu’il s’agit d’un défi auquel son administration devra faire face.

« Il y a un défi là. Il faudra faire une consultation publique élargie sur plusieurs niveaux, avec différents groupes de travail. »

Pour sa part, Marie-France Bellemare, agente de développement économique local pour le secteur du Plateau à la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) considère le Plateau Est comme une zone miroir de l’Espace Affaires Rosemont.

« On est en contact avec les gens de la CDEC Rosemont – La Petite-Patrie pour justement voir comment développer des projets communs. Leur profil d’entreprises correspond beaucoup au nôtre. C’est une des dernières zones, où on peut avoir de la petite production, dans les quartiers centraux. C’est important de la préserver. On veut créer un sens pour ce quartier, autant auprès des résidents que des travailleurs. »

Des rencontres entre la SAD et la CDEC Centre-Sud – Plateau-Mont-Royal ont déjà eu lieu. Toutefois, chaque organisation à ses propres projets, a-t-elle indiqué.

Densification et spéculation

Dans le cadre de l’Étude économique de la zone d’emploi du Plateau Est, les terrains en bordure des rues D’Iberville, Frontenac, Rachel Est et Hogan, ont été ciblés en raison de leur potentiel de redéveloppement. L’ajout d’un ou de plusieurs étages aux bâtiments existants permettrait à plusieurs compagnies de venir s’y installer. Toutefois, advenant que l’administration locale choisisse cette option, des analyses de caractérisations plus poussées devraient être réalisées.

Si la densification apparaît pour plusieurs comme une solution pour revitaliser la zone d’emploi du Plateau Est, elle pourrait également signer son arrêt de mort. En effet, plusieurs entrepreneurs ont indiqué avoir opté pour cet emplacement en raison du faible coût des loyers. Or, l’engouement que risque de créer ce projet pourrait engendrer un mouvement de spéculation, faisant exploser le prix des locaux.

Pour Mme Bellemare, il s’agit d’un catch 22.

«Oui, il faut embellir le secteur et le rendre plus attrayant, sans toutefois que ça se répercute sur les loyers. Il faut réussir à y maintenir les artistes et les artisans. C’est normal qu’il y ait du développement et que ça attire des gens. Mais il ne faut pas lancer une grosse opération de branding tape-à-l’œil, car ça pourrait poser problème dans certains types d’entreprises », estime-t-elle.

Mme Duplessis, quant à elle, croit qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, puisque ce secteur est zoné industriel et que l’administration locale est très exigeante lorsqu’il est question de demandes de dérogation.

« On n’a jamais accepté de demandes de dézonage. Les promoteurs ne s’amusent pas à faire des demandes de dérogation s’il n’y a pas d’ouverture », fait-elle valoir.

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