Depuis que Carl Boileau, conseiller d’arrondissement pour le district De Lorimier, siège à titre d’indépendant, les couteaux volent bas entre lui et ses anciens collègues de Projet Montréal. Lors du dernier conseil, la tension entre les deux clans était palpable, donnant place à un échange corsé entre M. Boileau et son ancien chef, Richard Bergeron.

Invoquant son nouveau statut, le conseiller Boileau, a déposé plusieurs motions lors des dernières séances du conseil d’arrondissement. Faisant cavalier seul, il a, plus d’une fois, pris les élus de son ancienne formation politique au dépourvu, qui, visiblement mal à l’aise, hésitaient à appuyer ses propositions. S’ensuivait alors un processus d’amendement pour trouver un compromis acceptable pour les deux parties.

Afin d’éviter ce genre de situations, le conseil avait demandé au conseiller de De Lorimier, lors de la séance du mois de décembre, de lui faire parvenir ses motions au moins 24 heures à l’avance, afin qu’il puisse en prendre connaissance.

Boileau réprimandé par Bergeron

Lors du conseil d’arrondissement du 4 février, le représentant de l’Est a déposé deux motions, qui ont été ajoutées à l’ordre du jour de la séance, après la période de questions, moment où la majorité des citoyens ont quitté la salle. L’une pour que la tenue des conseils se fasse équitablement dans les différents districts, l’autre pour modifier le tracé proposé pour la piste cyclable reliant l’avenue Laurier à la rue Masson.

Lors de la période de questions des élus, le conseiller démissionnaire en a profité pour poser plusieurs questions, sur différents sujets, mettant l’emphase sur le fait que son district serait négligé par rapport aux autres, ce qui a irrité M. Bergeron. Ce dernier a demandé au maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez, de mettre fin au droit de parole de M. Boileau, sous prétexte qu’il en « abusait ».

« J’ai siégé pendant quatre ans comme minoritaire. Je n’ai jamais eu pour attitude d’embêter les membres majoritaires, en faisant du révisionnisme historique, en posant des questions tendancieuses et en présentant, coup sur coup, le plus de motions possible pour leur nuire. J’ai toujours eu une attitude constructive, même si je faisais face à des adversaires.

« Arrêtez d’opposer les districts les uns aux autres et d’avancer que nous défavorisons systématiquement le vôtre. Vous avez souvent soulevé que nous investissions énormément dans le Mile End, et non dans De Lorimier, comme si l’Espace Laurier et le parc du même nom, n’étaient pas également au bénéfice des résidents de l’Est. C’est de l’enfantillage. Ce n’est pas réel [sic] à la situation géographique du Plateau. Cessez ce jeu, de vous croire victime ou de vous présenter en défenseur des résidents de De Lorimier. Nous sommes équitables », a défendu avec véhémence, le chef de Projet Montréal.

Boileau réagit

Sur le coup, M. Boileau n’a pas réagi aux propos de son adversaire. Il dit avoir « encaissé le coup » et « qu’il ne l’avait pas vu venir ». Quelques jours plus tard, en entrevue avec le journal Le Plateau, il s’est dit « amer et déçu » de son expérience avec Projet Montréal.

« Ç’a été le conseil le plus difficile aux plans émotif et humain. J’ai été complètement désarçonné, je me suis senti trahi.

« C’est mon travail de conseiller d’amener la perspective de mes citoyens. Oui, je parle de mon district, et depuis que je suis indépendant, c’est d’autant plus vrai. […] Il peut bien parler lui là [Richard Bergeron], s’il est élu dans le Plateau, c’est à cause de moi. Il ne s’est jamais intéressé au Plateau. Il est dans sa bubulle pour devenir maire de Montréal. Lorsqu’il était indépendant, j’étais coordonnateur et c’est moi qui préparais ses questions », a lancé M. Boileau, estimant avoir été traité d’une façon « indigne du prétendant à la mairie ».

Une affirmation que réfute Projet Montréal.

« Richard Bergeron n’a jamais eu besoin de l’aide de Carl pour écrire ses questions. Il avait une attachée politique pour le seconder. Il est au courant de tout ce qui se passe sur le Plateau », a indiqué Catherine Maurice, attachée politique de Projet Montréal.

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