Si vous deviez écrire une lettre d’amour, à qui s’adresserait-elle? Dans le cadre de la neuvième édition du coffret « Mille mots d’amour », lancé le 9 janvier dernier, 140 auteurs se sont posé cette question, donnant lieu à des déclarations et des témoignages, parfois surprenants, parfois touchants, qui font du bien à l’âme… et aux Impatients.

Alain Labonté œuvre dans le domaine des communications. Côtoyant régulièrement des personnalités des milieux artistique, culturel et journalistique, il a décidé de « faire aller ses contacts » au profit de la cause des Impatients, un organisme qui vient en aide, par le biais d’ateliers artistiques, à des personnes atteintes de maladie mentale. C’est ainsi que le projet « Mille mots d’amour » a vu le jour, en 2004.

Le but du projet est de démystifier la maladie mentale, afin de vaincre les tabous qui y sont souvent associés.

« On est beaucoup dans le jugement. Ça peut arriver à tout le monde d’avoir une peine d’amour et de sombrer. Mais quand on est down, les gens souvent n’ont pas tendance à t’ouvrir leurs bras. Par contre, les causes comme les enfants et le cancer du sein, c’est beaucoup plus sexy. Avec ce projet-là, on essaie de trouver des gens connus pour porter le message. Ç’a fait écho dans la population, je le vois. Il reste du chemin à faire, mais on en a déjà parcouru un bon bout », soutient-il.

Le résident du Plateau-Mont-Royal récidive une fois de plus en lançant le neuvième tome du coffret. On y retrouve notamment des textes de Stéphane Crête, Ingrid Saint-Pierre, Serge Chapleau, Gilbert Sicotte, Patrick Lagacé, Éric Salvail et Joël Legendre. Cette édition est un grand cru, estime M. Labonté. L’œuvre du peintre Marc Séguin figure dans « son top 5 » des lettres d’amour soumises depuis le début du projet.

Mais après tant d’années, comment le projet arrive-t-il à se renouveler?

« Quand on demande une lettre d’amour, on n’impose pas de thème. Chaque fois, on se croise les doigts pour que le texte soit bon et qu’il ne ressemble pas à ceux des années précédentes. C’est un peu un jeu de hasard. On a toujours de belles surprises. Par exemple, cette fois-ci, on a Patrick Lagacé qui fait une déclaration d’amour….à son iPhone! », dévoile-t-il.

Les lettres d’auteurs connus côtoient celles des participants aux ateliers.

« Sur 140 lettres, on en a 40 qui viennent des Impatients. Je trouve que c’est ça le hit du coffret. Les auteurs professionnels, quand ils rédigent, ils ont un souci de l’image et du style. Les Impatients, eux, quand ils écrivent, ils sont en atelier. Il arrive qu’ils aient le cœur un peu patché, que ça aille tout croche. C’est un véritable jet du cœur. C’est renversant, il n’y a pas de flafla. On a beaucoup à apprendre de ça », fait valoir l’instigateur du projet.

Mille mots d’amour en lecture et en chanson

Au fil des ans, « Mille mots d’amour » a fait des petits. Celui-ci comporte désormais un volet « spectacle », au cours duquel des artistes de tous horizons se réunissent sur scène pour livrer un témoignage d’amour.

Le 13 février, Isabelle Cyr, Winston McQuade, Yves Marchand, Danielle Oderra, Alain Labonté et les Impatients seront au restaurant Saint-Hubert, coin Sainte-Catherine et Amherst, et ils uniront leurs talents lors d’un souper-spectacle au profit de la fondation Les Impatients.

«C’est un show émouvant. Il y a toujours des gens qui sortent en pleurant. Ça rejoint surtout les hommes, peut-être que c’est parce que pour une fois, ils prennent le temps de s’arrêter et d’écouter », dit celui qui promet un spectacle électrisant.

Le coffret « Milles mots d’amour » est en vente en librairie au coût de 39,95 $. Le spectacle se tiendra le 13 février, à 19 h, au Saint-Hubert du 1019, rue Sainte-Catherine Est. Billets: 30 $. Une lecture est également prévue le 23 avril, au La Tulipe (4530, avenue Papineau). Tous les profits de la vente des livres et des billets seront remis à la fondation Les Impatients. Pour en savoir plus, on visite le http://www.impatients.ca.

 

Les Impatients… en bref

L’organisme Les Impatients offre des ateliers d’expressions artistiques (création littéraire, dessin, peinture, musique) à des personnes atteintes de problèmes de santé mentale, au travers cinq points de diffusion situés à l’hôpital Louis-H. Lafontaine, à Pointe-aux-Trembles, à Verdun, à Drummondville et à Granby. D’autres centres pourraient voir le jour prochainement pour répondre à la demande. Dans la région de Montréal seulement, 400 personnes sont inscrites aux 44 ateliers hebdomadaires et les listes d’attentes sont complètes.

« On n’a pas la prétention de guérir qui que ce soit. L’idée est que les gens sortent de leur isolement. Ils se créent une petite famille, au travers des ateliers », indique M. Labonté.

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