Au début du mois de mars, Postes Canada a manifesté son intention de fermer son comptoir postal de l’avenue du Parc. Cette annonce est loin de plaire aux employés et aux résidents du quartier, qui ont décidé de se mobiliser pour que la succursale demeure ouverte.

Dans une lettre datée du 1er mars, et dont Le Plateau a obtenu copie, Postes Canada informe le syndicat de « son intention d’abolir la section Place du Parc et l’établissement Place du Parc. […] Les changements entreront en vigueur le 2 juin ».

Pour justifier ce projet, l’organisation fait valoir que l’on retrouve 10 points de services dans un rayon de 1,5 km. Postes Canada assure qu’aucun emploi ne sera perdu si la succursale est fermée.

« Ce n’est pas officiel, c’est une intention. Toutefois, nous devons quand même aviser nos employés que c’est une possibilité, afin de respecter la convention collective en vigueur. Mais tout ça demeure un plan. Pendant un mois, on recueille les commentaires de la clientèle et après, on va analyser tout ça et prendre une décision », indique Geneviève Latour, porte-parole de Postes Canada.

Des affiches ont été installées dans la succursale, invitant les gens à faire connaître leur opinion par le biais du site internet de l’organisation ou par la poste.

Or, Alain Duguay, président du syndicat des employés de Postes Canada, déplore le mode de consultation de la société d’État.

« Nous, ce qu’on demande, c’est que Postes Canada tienne une vraie consultation publique, qu’elle explique ce qu’elle veut faire et qu’elle réponde aux questions de la population.

« Elle applique une politique d’étranglement. Il y a un autre comptoir postal dans le même centre commercial et plusieurs franchisés aux alentours. Postes Canada ferme le bureau de poste parce qu’il n’est plus rentable », fait-il valoir.

Répercussions

Les employés de Postes Canada estiment que la possible fermeture de la succursale du 3575, avenue du Parc pénalisera la clientèle.

Dans une lettre distribuée aux résidents du quartier, ils soutiennent que les comptoirs postaux franchisés n’offrent pas tous les services et que les espaces sont « restreints et mal adaptés, ce qui réduit la qualité [du service] ». Ils avancent également que dans ces points de service, il y a « beaucoup de roulement de personnel » et que les employés ont une formation « insuffisante ».

« Pendant son absence, le personnel peut être remplacé par des employés n’ayant pas les connaissances du service postal », peut-on lire dans le document.

En effet, les employés des comptoirs postaux franchisés ne travaillent pas pour Postes Canada, mais bien pour l’entreprise qui accueille le service postal. Ils sont engagés et rémunérés par le propriétaire du commerce. Certains opposants au projet de fermeture de la succursale du 3575, avenue du Parc déplorent cette situation et craignent que ça n’engendre des emplois précaires.

« Les citoyens se sont battus pour avoir des services publiques de qualité. Postes Canada en fait partie, et on veut le privatiser. C’est inacceptable », estime Dimitri Roussopoulos, résident du quartier.

Du côté de Postes Canada on répond que les clients sont en droit de s’attendre au même niveau de service.

« Puisqu’il s’agit des mêmes ordinateurs et du même système partout au Canada, tous nos employés sont formés de la même manière. On veut que les gens aient la même qualité de service, car ils sont en droit de l’exiger. Si ce n’est pas le cas, dites-le-nous, on va réajuster le tir », fait valoir Mme Latour.

Pour ce qui est des services, les disparités entre un comptoir postal franchisé et un bureau postal touchent exclusivement les services complémentaires, tels que les prêts étudiants et les transferts d’argent.

« Il ne s’agit pas de services qui ont besoin d’être offerts partout. Ils sont déjà accessibles. A-t-on besoin de les retrouver dans chaque point de service? Non. On regarde ce que nos clients utilisent comme services et on s’adapte.

« On remarque que le comptoir postal du Uniprix est plus fréquenté que le bureau de poste, probablement pour des raisons pratico-pratiques. La fermeture de bureaux de poste n’est pas systématique. On évalue les besoins. Par contre, c’est plus fréquent dans les centres urbains où il y a plus de comptoirs postaux », fait valoir Mme Latour, soulignant par le fait même qu’un comptoir postal offrant tous les services se retrouve dans un rayon de 2 km, au Complexe Desjardins.

La période de consultation se termine le 1er avril. Pour se prononcer sur le projet de fermeture du comptoir postal, on visite le postescanada.ca/venteaudetail ou on fait parvenir ses commentaires au Commentaires sur la vente au détail, 2701 prom Riverside, Bureau N1020C, Ottawa, Ontario, K1A 0B1.

Pour en savoir plus:

Le quartier se mobilise

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