En mars dernier, l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal adoptait un règlement de contrôle intérimaire visant à freiner la spéculation immobilière dans le secteur Saint-Viateur Est, et par le fait même, à préserver les ateliers d’artistes. Avant que des modifications ne soient apportées au règlement d’urbanisme de la Ville de Montréal, résidents, groupes communautaires, artistes et propriétaires immobiliers se sont exprimés lors de l’assemblée de consultation publique tenue le 6 juin.

Une quarantaine de personnes ont pris part à la rencontre. Dès le début, certains sujets se sont imposés à l’ordre du jour, notamment la vitalité économique et artistique du quartier, ainsi que la préservation du Champ des possibles.

Michael Merten, propriétaire du carré de Gaspé, estime que le contrôle intérimaire, en particulier la contrainte relative à la superficie maximale des locaux (500 mètres carrés), l’empêche d’accueillir des entreprises d’innovation technologique dans son bâtiment.

« On parle d’attirer des artistes et de nouvelles technologies avec le nouveau règlement. Je veux le faire maintenant, mais je ne peux pas, car la modification au plan d’urbanisme ne se fera pas avant 2013. Dois-je mettre une pancarte indiquant que je suis fermé? Merci beaucoup! », s’indigne-t-il.

Pour sa part, Michelle Tremblay, représentante d’un propriétaire immobilier, s’est enquise à savoir si l’espace occupé par les artistes avait été évalué avant d’implanter le contrôle intérimaire.

« On comprend la dynamique, on est d’accord avec le processus et on connaît la réalité artistique. Par contre, on se demande s’il n’y a pas une iniquité entre la portée du gel versus ce qu’on tente de protéger », a-t-elle défendu, demandant du même coup à ce que la définition des « ateliers d’artistes » soit précisée, ce à quoi M. Merten a acquiescé.

André Morin, porte-parole de l’arrondissement a indiqué qu’un relevé d’occupation serait bientôt réalisé, afin de « chiffrer la part occupée par les différentes fonctions ». Quant aux ateliers d’artistes, on indique « qu’aucune définition n’a été inventée » et que des ressources sont disponibles auprès de l’arrondissement si les gens désirent avoir plus d’information.

Vitalité artistique

Julie Faubert, résidente et artiste, est favorable au projet, soutenant que le contrôle intérimaire permet un « rapport de force » entre les artistes et les propriétaires immobiliers.

« Il y a une population très fragilisée : les artistes. Grâce à cette mesure, on va peut-être capable de préserver la plus forte concentration d’artistes au Canada. L’installation des artistes dans des ateliers se fait lentement, tandis que la vitesse de la spéculation immobilière est très rapide. On ne peut pas suivre ce rythme-là », indique-t-elle.

Raphaëlle Aubin, du regroupement Pied carré, estime elle aussi qu’il faut redéfinir la fonction d’artiste et propose qu’une portion des nouveaux projets de développement (au moins 25 %) soit dédiée à des vocations artistiques, culturelles ou à de petites entreprises.

Champ des possibles

Plusieurs citoyens ont demandé à ce que les deux lots formant une bande de terrain entre la voie du Canadien Pacifique (CP) et la rue Bernard, ainsi que celui sur l’avenue de Gaspé, soient compris dans la définition du Champ des possibles, de sorte que ceux-ci soient également reconnus comme étant un espace vert à préserver.

« Notre déception, c’est que dans le plan proposé, le Champ n’est pas correctement délimité. Pour les Amis du Champ des possibles (ACDP) et les résidents, celui-ci a toujours inclut les deux autres lots : il s’agit d’une entité indivisible », a fait valoir Mark Frank, des ACDP.

 

Claude Laurin, chef de division en aménagement urbain pour l’arrondissement du Plateau, a indiqué que l’un des terrains a fait l’objet d’une expropriation pour y construire une cour de service. Or, le projet a été abandonné. Il se pourrait donc que le propriétaire récupère son terrain, faisant en sorte que l’arrondissement ne pourrait pas l’inclure au Champ des possibles.

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