Deux yeux, un nez et pas de bouche! Voilà qui résume l’œuvre du peintre Vincent Beauchemin, communément appelé Vince. Ses portraits atypiques orneront les murs du Divan Orange, tout au long du mois d’octobre. Rencontre avec un artiste qui, comme ses personnages, dit tout, sans parler.

Timide, Vince est le genre de gars qui préfère rester dans l’ombre pour observer les gens qui l’entourent. C’est dans le quotidien de ces inconnus qu’il puise son inspiration. Il les croque à leur insu, au moment où ils s’en attendent le moins et que leur garde est baissée. Il avoue que le Plateau-Mont-Royal est un terreau fertile pour son imagination et qu’il vient souvent espionner les badauds à la sortie du métro.

« Ce sont des personnes anonymes. Je dessine lorsqu’elles sont dans l’autobus ou à l’épicerie. Elles sont renfermées et prises dans leur tête, ce qui peut parfois leur donner un air triste. Les gens tentent toujours de bien paraître, d’être beaux et au-dessus de leurs affaires. J’essaie de les surprendre quand ils sont tellement dans leurs pensées qu’ils en oublient le monde autour d’eux, même s’ils se retrouvent dans un lieu public. C’est ce moment précis que je veux capturer. Celui où je peux vraiment voir la personne, que ce n’est pas de la parure.

« Ce que je peins, c’est un souvenir ou une impression que cette personne-là m’a laissée, plus que son portait », illustre-t-il.

Mélancholie épurée

Les œuvres de l’artiste sont minimalistes, épurées. Tout ce qui est superflu prend le bord, même la bouche de ses personnages!

« Tout se passe à l’intérieur. Ils n’ont donc pas besoin de bouche pour s’exprimer. J’ai aussi remarqué qu’en l’enlevant, ça oblige les gens à regarder partout. Habituellement, on va chercher beaucoup d’information visuelle en regardant la bouche, que ce soit grâce à un sourire ou une moue. Avec mes toiles, les observateurs doivent plutôt prêter attention au regard, aux traits et autres détails qui habituellement passent inaperçus », explique le peintre qui, lui-même, est peu loquace.

Malgré ce minimalisme – qui permet à l’observateur de se faire sa propre histoire –, les toiles de Vince sont éloquentes. Il suffit de les contempler quelques instants pour être envahi par la vulnérabilité, la fragilité, voire même la mélancolie qui se dégagent de ses personnages. Ces émotions détonent avec les couleurs vives qu’il emploie.

« C’est le contraste entre les deux (l’émotion et la couleur) qui crée une certaine symbiose », estime-t-il.

Sur le Divan Orange… avec Vince

Lors de son exposition au Divan Orange, il présentera pour la première fois ses œuvres récentes dont l’esthétique est beaucoup plus léchée que celle de ses créations précédentes.

« Au début, j’essayais de mettre en évidence l’aspect croquis dans mes peintures. C’est un défi que je m’étais lancé. Les lignes étaient plus hachurées, plus brutes. On voyait les coups de spatule. Depuis un an, mes toiles sont plus lisses, plus clean. Les lignes se fondent davantage. C’est le même sujet, mais deux façons différentes de l’aborder. C’est le passage du croquis au dessin, l’évolution normale d’une œuvre.

« Le Divan Orange, c’est une salle où il y a beaucoup de lancements, de shows et d’expos. Il y a aussi des grands murs. Je trouvais ça cool. Je vais pouvoir sortir mes grosses toiles qui ne fittent nulle part et rencontrer un nouveau crowd », indique celui qui a exposé ses toiles aux quatre coins de la planète, et qui s’envolera prochainement pour San Francisco, afin de booker d’éventuelles démonstrations.

L’exposition se tiendra au 1er octobre au 5 novembre, au 4234, boulevard Saint-Laurent. Vince sera sur place, à l’occasion de son vernissage, le 2 octobre, dès 17 h. Pour en savoir plus sur l’artiste, on consulte son site Internet (www.vincelike.net) ou sa page Facebook (http://on.fb.me/s2X4Fp). Pour connaître la programmation culturelle du Divan Orange, on visite le www.divanorange.org.

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