Afin d’attirer les adolescents dans les bibliothèques du Plateau-Mont-Royal et du Mile End, deux « Zones ados » ont spécialement été aménagées pour eux. Téléviseur à écran plat, poufs et matériel multimédia y côtoient les traditionnels rayons de livres.

Des élèves de sixième année de l’école primaire Lambert-Closse ont assisté à l’inauguration officielle de ces espaces. Pour l’occasion, le maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez, accompagné du conseiller de Ville pour le district Mile End, Alexandre Norris, et de Ouali Fodil, porte-parole d’Hydro-Québec, s’est adressé au jeune public.

« C’est de plus en plus difficile d’attirer les gens à la bibliothèque car, de nos jours, on retrouve tout derrière un écran d’ordinateur. Mais il y a toujours un intérêt à le faire. Être entouré de tous ces livres nous aide à devenir de meilleures personnes, parce que ça nous pousse à nous intéresser à de nouveaux sujets. J’espère que la « Zone ados » va vous donner le goût d’aller vers les étalages et de faire des découvertes. Une bibliothèque, c’est à ça que ça sert : à se sentir chez soi au travers de la connaissance », a indiqué M. Ferrandez.

Le projet, d’une valeur de 52 000 $, a été financé par Hydro-Québec dans le cadre du programme Mieux consommer.

Penser la bibliothèque autrement

Selon Anne-Marie Collins, chef de division – culture et bibliothèques, il est important de s’adresser à la clientèle adolescente afin de « créer une habitude de fréquentation ».

« Les jeunes viennent souvent avec leurs parents ou avec leur classe lorsqu’ils sont en bas âge, mais à l’adolescence, ça se perd », estime-t-elle.

En créant un lieu qui leur ressemble, Mme Collins souhaite qu’ils se sentent à leur aise. Outre des poufs et des sofas, on retrouvera dans ces zones, identifiées par des couleurs vives, les ouvrages destinés à cette clientèle, ainsi, ils seront plus accessibles, et non rangés avec les livres jeunesse ou pour adultes. Des ordinateurs portables, des logiciels de montage et des jeux vidéo sont également mis à la disposition des jeunes. De cette manière, on souhaite privilégier l’apprentissage par les pairs en les incitant à mettre sur pied des projets communs.

« On sait que les ados, ça aime être en gang et s’asseoir par terre. On trouvait que l’image de la bibliothèque était trop rigide. On a fait appel à des designers qui connaissent bien les ados. On veut que ceux-ci s’approprient l’espace », indique Mme Collins.

Celle-ci croit également qu’il faut penser la bibliothèque comme un lieu d’apprentissage et de diffusion, et non comme un simple lieu où l’on offre un service de location de livres.

« On a des activités d’animation, des clubs littéraires, des ateliers de jeux de société, etc. La bibliothèque n’est plus ce qu’elle était. Les technologies ont complètement changé la manière dont les gens s’informent. Par contre, notre mission demeure la même : transmettre les connaissances et éduquer la population. C’est ce qu’on fait avec les jeux.

« Une bibliothèque, c’est aussi un lieu communautaire et identitaire. On veut être au cœur de ce qui se passe. On ne fait pas que prêter des livres, on loue aussi notre salle pour des événements communautaires, on fait des partenariats avec le CLSC ou des organismes communautaires pour faire des conférences, etc. », conclut-elle.

Pour souligner l’ouverture des « Zones ados », une soirée spéciale animée par le scientifique Martin Carli, est organisée le 1er juin, de 16 h à 18 h, à la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal (465, avenue du Mont-Royal Est). Pour en savoir plus : ville.montreal.qc.ca/plateau/zonesados.

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