(Photo : Pacophoto.ca) Un élève du primaire fait ses devoirs de mathématiques avec l’aide de Mme Ronai lors d’une séance de tutorat.

Règles de grammaires obscures, équations mathématiques interminables et envie irrépressible d’aller s’amuser après une longue journée d’école, l’heure des devoirs peut facilement devenir pénible pour les enfants… et leurs parents.

Depuis maintenant 20 ans, la Maison d’Aurore aide les élèves en difficulté au travers de son projet Château D’Aurore. Celui-ci accueille une quarantaine de jeunes référés par quatre établissements scolaires du Plateau-Mont-Royal, soit les écoles Paul-Bruschési, Saint-Pierre-Claver, Saint-Enfant-Jésus et Laurier.

L’initiative est née en 1992, à la demande de parents qui fréquentaient les cuisines collectives.

« Plusieurs d’entre eux nous disaient qu’ils n’avaient pas la scolarité ou les connaissances nécessaires pour aider leurs enfants avec leurs devoirs.

« Les parents aussi crient : Au secours. Certains ont beau avoir été à l’université, ils n’ont pas nécessairement appris de la même façon et ne comprennent pas les nouveaux programmes scolaires. Ils sont un peu perdus dans tout ça, surtout si leur enfant présente des difficultés d’apprentissage », fait valoir Lise Fontaine, coordonnatrice des ateliers.

Selon elle, les besoins en aide aux devoirs sont très grands et excèdent la capacité de l’organisme de répondre à la demande. Malgré l’embourgeoisement du Plateau-Mont-Royal, on y retrouve toujours d’importantes poches de pauvreté. L’indice de défavorisation s’en retrouve donc biaisé, ce qui nuit au financement des organismes communautaires. Le système d’éducation québécois, quant à lui, ne fournit pas, constate la coordonnatrice.

Mme Fontaine insiste sur l’importance d’intervenir auprès des jeunes en difficulté dès le primaire, voire même dès la maternelle, pour contrer le décrochage scolaire. Afin d’avoir une plus grande portée, l’organisme favorise un ratio d’un pour un.

« C’est la clé du succès. Un enfant qui déjà, en première ou deuxième année connaît des échecs a une estime de soi qui en prend pour son rhume. Quand tu ne réussis pas, tu es gêné. Le rôle du bénévole est d’aider le jeune avec ses devoirs, mais aussi de le valoriser. C’est impossible qu’il n’ait aucune force dans quelque matière que ce soit », soutient-elle.

Afin de pouvoir intervenir de manière efficace auprès des jeunes, la formation des bénévoles est constamment mise à jour et un suivi avec l’école est assuré.

Apprendre autrement

Pour que la période des devoirs ne soit plus perçue comme une corvée par les jeunes, les bénévoles n’hésitent pas à y intégrer des activités ludiques, comme le Journal Magique, une publication rédigée exclusivement par les élèves du Château d’Aurore, ainsi que des ateliers autour des livres avec un animateur jeunesse.

« Les devoirs et les leçons, ce n’est pas toujours l’fun. On se rappelle que nous-mêmes, on n’aimait pas toujours ça, surtout dans la matière où on avait plus de difficulté. On fait donc des activités récréatives tout au long de l’année. Un enfant qui s’amuse, tu peux lui faire apprendre n’importe quoi! Ça permet aussi de rejoindre les parents.

« Il faut arriver à faire le lien entre le français, les mathématiques, les sciences et la vie du quotidien. La cellule familiale reste le lieu d’identification le plus important. C’est là que l’école prend tout son sens », soutient Mme Fontaine.

20 ans au service de la population

L’année 2012 marquera le 20e anniversaire du Château d’Aurore. Pour souligner cet événement, l’organisme souhaite organiser des retrouvailles entre les jeunes qui ont fréquenté les ateliers d’aide aux devoirs et les bénévoles.

« J’ai vraiment hâte de les retrouver, de voir ce que ces jeunes-là sont devenus et surtout, de voir s’ils sont heureux », conclut celle qui œuvre au sein du Château d’Aurore depuis ses tout débuts.

Pour en savoir plus sur la Maison d’Aurore et ses activités, on visite le http://www.maisonaurore.org ou on communique avec le 514 527-9075. Rappelons que les locaux de l’organisme sont situés au 4816, rue Garnier.

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