Yves Provencher/Métro

Les conduites d’eau potable du Plateau-Mont-Royal ont en moyenne 91 ans, soit 30 ans de plus que la moyenne montréalaise, selon les chiffres de la ville-centre.

Ajouté au sous-investissement dans le réseau d’infrastructures par le passé, le tout explique les différents bris récents, soutiennent des experts.

Il n’est d’ailleurs pas rare, lors de travaux, d’apprendre qu’une conduite qui sera remplacée date du 19e siècle, dans le quartier, ce qui est le cas pour le chantier à venir cet été sur Saint-Denis.

En 2012, dans Le Plateau-Mont-Royal, 27 interventions ont été effectuées par l’arrondissement sur des conduites d’eau, indique le rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal sur les bris de conduites d’aqueduc, du 31 décembre 2013.

En décembre et janvier, 11 bris ont été recensés. Les années suivantes, toujours pour les mêmes mois, 8 conduites ont nécessité des réparations en 2013 et 12 en 2014, selon les chiffres obtenus par TC Media.

La professeure en génie civil à Polytechnique et titulaire de la chaire de recherche en traitement des eaux potables, Michèle Prévost, explique qu’au même titre que Toronto, la Ville de Montréal est une vieille municipalité, ce qui explique son taux de bris élevé.

«C’est certain que le gel et le dégel occasionnent des mouvements de sols qui favorisent les bris, mais l’âge très élevé des conduites est surtout en cause», indique Mme Prévost.

Investissements majeurs requis
La ville-centre a voté, l’année dernière, pour le remplacement annuel de 1,5% des conduites. Des investissements majeurs  de 408M$ pour les conduites secondaires sont ainsi prévus au programme triennal d’infrastructures 2015-2017.

En 2010, le taux de bris était de 29 par 100 km de conduites, ce qui plaçait la métropole parmi les villes en Amérique du Nord avec le plus de bris. Aujourd’hui, il est de 24 par 100 km.

«Les travaux sont indispensables pour diminuer le nombre de bris. Cependant, à raison de 1,5 % du réseau par année, nous allons seulement rajeunir un peu l’âge moyen. Nous n’atteindrons pas des seuils comme la Ville d’Ottawa qui a 10 bris par 100 kilomètres», explique l’experte.

Météo peu clémente
Les températures très froides ont contribué aux nombreux bris à travers la Ville de Montréal. La température moyenne en janvier a été de -11,9°C, alors que la normale saisonnière est plutôt de -9,7°C. Le mois de février s’annonce aussi en deçà des moyennes.

«On a eu un hiver en deux temps jusqu’ici. En premier lieu, décembre a été plus doux qu’à l’habitude, générant ainsi de la pluie et donc plus de verglas. Ensuite, janvier et février ont été jusqu’ici plus froids que la normale. Les variations extrêmes de température que nous avons connues sont toutefois normales pour notre climat», indique le météorologue d’Environnement Canada, Simon Legault.

Une saisie de données qui laisse à désirer
Le rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal sur les bris de conduites d’aqueduc, du 31 décembre 2013, dénote des problématiques dans la compilation de données sur ce type de réparation dans l’arrondissement, pour la période de 2010 à 2012. Cela nuit au Service de l’eau, lorsque vient le temps de répertorier les conduites ayant besoin d’une réhabilitation ou un remplacement.

«Pour la période examinée, soit 2012, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal éprouvait des lacunes plus importantes que les arrondissements de Saint-Laurent et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, en ce qui a trait à la saisie des données et à la constitution des dossiers. Nous déplorons cette situation, étant donné que la Direction de la gestion stratégique des réseaux d’eau (DGSRE) avait accordé un budget supplémentaire à l’arrondissement, au cours des années 2010, 2011 et 2012, au moyen d’ententes de partenariat, pour couvrir les salaires de ressources pour la recherche de fuites et la collecte des données, ainsi que pour un contremaître», indique le rapport.

L’administration locale avait jusqu’au printemps 2014 pour améliorer la saisie de données. Depuis 2013, la ville-centre a aussi mis en place une équipe de dépisteurs de bris couvrant 100% du territoire, chaque année.

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