Ed Andrieski / The Associated Press

Les élus du Plateau-Mont-Royal amorcent leur réflexion quant à un cadre réglementaire pour baliser l’implantation d’éventuels commerces de vente de marijuana récréative dans l’arrondissement. Un exercice en prévision des changements législatifs sur la légalisation du cannabis, tels que souhaités par le gouvernement Trudeau, d’ici quelques années.

Pour l’arrondissement, il s’agit d’éviter un flou juridique, comme celui entourant actuellement la vente de marijuana médicale.

À Vancouver, les centres compassion qui vendent du cannabis à des fins thérapeutiques ont dû se procurer des permis, afin de se conformer aux nouvelles normes en vigueur en août, pour demeurer ouvert.

Le lobbyiste et cofondateur du Bloc pot, Marc-Boris Saint-Maurice, en a fait un exemple dans une présentation devant les conseillers municipaux de l’arrondissement.

«On réfléchit au zonage et au règlement d’urbanisme avec la légalisation qui est imminente. Le cas de Vancouver nous semble intéressant. C’est certain qu’on amorce actuellement une réflexion pour planifier en amont plutôt qu’en aval», indique la conseillère d’arrondissement, Marianne Giguère.

Le Plateau-Mont-Royal étant un des secteurs, avec Ville-Marie, les plus fréquentés dans la métropole, tant par les touristes que par les Montréalais, les élus ne doutent pas que des dispensaires puissent y ouvrir rapidement.
L’administration Ferrandez compte discuter de la stratégie à adopter pour prévoir le coup.

«On est encore à l’étape de la discussion, mais on veut voir ce qu’on peut faire notamment avec le règlement d’urbanisme», continue Mme Giguère.

Intervenants communautaires
Du côté communautaire, les intervenants locaux espèrent qu’un volet de sensibilisation fera partie du processus.

Plein milieu, un organisme oeuvrant en prévention de la toxicomanie chez les jeunes et les personnes marginalisées, poursuivra son travail dans l’éventualité d’une légalisation.

«Quoi qu’il arrive, on va continuer à inciter à la consommation responsable, au même titre que d’autres drogues légales», assure la directrice générale, Sonya Cormier.

Elle appuie les efforts de décriminalisation de la marijuana, tout en prévenant que toute drogue, légale ou non, a des impacts sur la santé.

Notons que le cannabis pour soulager les malades est permis depuis un jugement de la Cour suprême si prescrite par un médecin. Toutefois, plusieurs clubs compassion ont dû fermer leurs portes dans la métropole, dans les dernières années, après des frappes policières. Les centres étaient alors accusés d’être des revendeurs de drogues, plutôt que des fournisseurs à des fins thérapeutiques.

«On veut qu’une réglementation claire soit mise en place pour les fournisseurs. Actuellement, le gouvernement libéral parle d’une légalisation complète, mais tous les jours, des gens se retrouvent au palais de justice de Montréal pour possession simple», indique M. Saint-Maurice.

Le lobbyiste St-Maurice a rencontré les conseillers municipaux de son territoire pour les sensibiliser à cette réalité, en plus de tenter d’éliminer le flou juridique. Il compte également discuter avec le maire Denis Coderre, lorsque l’horaire de ce dernier le lui permettra.

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