Catherine Bouchard/TC Media Les slackliners montréalais réclament de pouvoir pratiquer leur sport dans les espaces verts du Plateau-Mont-Royal.

Alors que les passionnés de la «slackline»,  sport où des funambules se déplacent sur une sangle accrochées entre deux arbres, sont de plus en plus nombreux, les policiers du Plateau-Mont-Royal demandent d’aller ailleurs que dans les parcs pour pratiquer cette activité.

Le président de l’Association canadienne de slackline, Luca Larouche, dénonce qu’on interdise la pratique de ce sport dans les espaces verts de l’arrondissement.

Le règlement municipal en cause interdit «d’installer tout équipement (bâches, hamacs, jeux, etc.) prenant appui sur les arbres, arbustes ou mobilier urbain, sauf un équipement installé par un représentant de la Ville.»

IMG_1899Les adeptes de cette activité physique, qui consiste à marcher en équilibre sur une sangle mise sous tension avec un système de mousquetons et poulies, sont persona non grata au parc La Fontaine.

«C’est là qu’on a le plus de plaintes de nos membres, quelques fois par mois. On commence aussi à en avoir concernant les parcs Jeanne-Mance et Laurier. C’est toléré partout ailleurs à Montréal, ce devrait aussi l’être dans le Plateau», dénonce M. Larouche.

L’inspecteur poste de quartier 38, Benoit Amyot, explique cette application plus stricte du règlement par la présence plus fréquente des patrouilleurs du territoire dans les espaces verts.

«On a des patrouilleurs spécifiquement attitrés aux parcs, alors ils connaissent mieux la réglementation municipale qu’ailleurs. On l’applique uniformément. Ainsi, si quelqu’un grimpe sur un arbre, ce ne sera pas non plus permis. Le but, c’est d’éviter d’endommager les arbres», souligne-t-il.

Les policiers donnent généralement un simple avertissement, mais certains sackliners de Slackline Montréal reçoivent parfois des contraventions.

«Je me fais souvent avertir par les policiers au parc Laurier ou La Fontaine. Ils nous répètent constamment qu’on n’a pas le droit, qu’on pourrait abîmer les arbres. Ça n’a jamais été démontré. En plus, on prend des précautions. On n’a pas avantage à blesser les arbres, parce qu’après, on ne pourra plus pratiquer notre sport là», soutient Pierre Julien.

Protéger les arbres
«Personnellement, je suis grano. Ça ne m’intéresse pas de blesser les arbres. On fait déjà largement passer le message au sein de la communauté de slackliner de l’importante de protéger l’arbre quand on installe une ligne. De mettre des serviettes, du tapis ou du tuyau de pompier», souligne Alizé Thiercelin, une slacklineuse rencontrée au parc La Fontaine, membre de Slackline Montréal.

Un code d’éthique est diffusé par l’Association canadienne de slackline en matière de protection des végétaux.

«On ne doit pas poser une ligne sur un arbre de moins de 30 centimètres. On privilégie les feuillus, parce qu’ils ont une écorce plus épaisse et des racines plus profondes. Habituellement, les gens qui pratiquent ce sport aiment beaucoup le plein air et sont conscientisés à la question», croit M. Larouche.

Les élus du Plateau-Mont-Royal indiquent qu’il est difficile de changer la réglementation pour permettre cette activité.

«Il serait difficile de trouver des critères applicables à la réalité qui permettraient la pratique de cette activité, qui soit sans danger pour les arbres, mais si une association a des propositions à nous soumettre, on pourra les entendre», affirme la conseillère du district De Lorimier, Marianne Giguère.

Pour l’Association canadienne de slackline, l’augmentation du nombre d’adeptes du sport nécessite un ajustement réglementaire.

«Il va y avoir de plus en plus de slackliners à Montréal. Le sport est en explosion. C’est inévitable. On aurait avantage à trouver une solution pour que ce soit permis, mais avec des critères pour préserver les feuillus», conclut M. Larouche.

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