Chaque semaine, Le Plateau vous propose de rencontrer l’un des nombreux commerçants œuvrant dans le quartier. Qu’il soit le petit nouveau, le secret bien gardé ou le bien établi, le journal vous fera découvrir ou redécouvrir ces endroits qui rendent Le Plateau-Mont-Royal unique. Cette semaine: l’historique taverne Chez Baptiste.

Frederico Rivas a acheté la taverne Chez Baptiste en 2002. À l’époque, il cherchait à faire l’acquisition d’un bar où il pourrait discuter tranquillement avec ses amis et refaire le monde.
«Je voulais que ce soit l’extension du salon. Que ce soit sans prétention et chaleureux», continue M. Ricas.

C’est ainsi que Chez Baptiste, un débit de boisson existant depuis 1922, est passé d’une taverne servant seulement de la Labatt 50 en fût, et n’ayant pas de toilettes pour femmes, à un pub de quartier servant uniquement des produits locaux.

«On a toujours gardé le cachet d’époque, tout en modernisant à gauche à droite, notamment par la construction d’une toilette pour femmes digne de ce nom», continue M. Ricas.

Lors des débuts de Chez Baptiste, dans sa forme actuelle du début des années 2000, servir des bières artisanales n’était pas chose simple, alors que peu de Québécois en consommaient.

«Les gens me demandaient de la Budweiser et de la Labatt Bleue. Je leur disais que je n’ai pas ça, mais d’essayer une pinte de bière de microbrasseries québécoises. Je leur assurais que je les rembourserais s’ils n’aimaient pas ça. Je n’ai jamais eu à le faire», continue le copropriétaire.

Risqué comme stratégie?

«Non! J’avais confiance en mes produits et je savais que si les gens goûtaient, ils aimeraient. Aussi, il faut encourager nos producteurs locaux. L’économie locale, il n’y a rien de plus important que cela», avance celui qui possède un baccalauréat en sciences économiques et gestion financière.

Contrairement à plusieurs autres établissements du Plateau-Mont-Royal et de Montréal, Chez Baptiste maintient un chiffre d’affaires stable et semble hermétique à la conjoncture économique.
«On n’est pas un commerce de destination. Les gens viennent ici surtout à pied, alors les changements de rue nous ont peu affectés. Il y a aussi le fait qu’on n’est pas venu s’établir ici, parce que c’est un quartier cool. Quand j’ai commencé, c’était encore assez ouvrier comme quartier. On a évolué avec le voisinage et on est resté à l’écoute de nos clients», continue l’entrepreneur.

Le Plateau d’hier à aujourd’hui
Frederico Rivas habite d’ailleurs Le Plateau-Mont-Royal depuis 1995. En quoi a-t-il changé en 20 ans?

«L’évolution du quartier s’est faite en trois temps. En 1995, c’était encore très ouvrier francophone lorsque je m’y suis établi. Il y avait un côté humble que j’aimais beaucoup. C’est d’ailleurs pour retrouver ça et rejoindre notre clientèle qui a déménagé à Rosemont qu’on a ouvert sur Masson. Vers le début des années 2000, fin des années 90, il y avait une grosse effervescence artistique. On avait Dumas, Steffie Shock, les Cowboys Fringants, par exemple, qui habitaient ici. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’Européens, parce qu’ils considèrent que c’est quand même moins cher que chez eux. On a beaucoup de restos huppés où ça coûte 200$ invité ta blonde au resto. Les gens innovateurs ont quitté vers d’autres secteurs. C’est plutôt des gens établis maintenant.»

Et le commerce, comment a-t-il changé?

«Depuis plusieurs années, Le Plateau est de plus en plus infesté par les chaînes. C’est parce que les loyers ont beaucoup augmenté. Les chaînes s’en foutent, y peuvent se le permettre, ils sont bien contents d’avoir pignon sur rue sur l’avenue du Mont-Royal. Nous, les petits indépendants, on ne peut pas l’absorber. Il y a toutefois un mouvement encourageant actuellement, où les locaux sont subdivisés et on voit apparaître de plus petits cafés indépendants et de plus petites pâtisseries. On voit un retour de commerces plus de proximité.»

En Bref

Commerce préféré?
-Le restaurant les folies
Café préféré?
-Café Névé
Le quartier en un mot?
-Dynamique

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