KEVIN FRAYER KEVIN FRAYER / La Presse Canadienne

Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez a lancé l’idée, sur sa page Facebook, de tarifer la circulation plutôt que le stationnement.

Cette réflexion sur «la gestion des rues de demain» ne fait pas l’objet d’un projet concret, a-t-il précisé dans un message publié lundi. Il voulait «mesurer la faisabilité et l’intérêt d’une idée (un peu folle)», de son propre aveu.

Après moult échanges avec ses abonnés, le maire du Plateau–Mont-Royal en est venu à la conclusion que sa proposition, si un jour elle est retenue, ne devrait pas s’appliquer seulement à son arrondissement, mais «à toute la ville».

Un péage électronique serait implanté, a-t-il proposé, en évoquant un tarif de 4$ par jour, mais sans préciser de quelle façon il serait perçu. Ceux qui se déplaceraient grâce à l’autopartage, au covoiturage ou même au service de voiture en libre-service n’auraient pas à payer cette taxe à la circulation.

Les espaces de stationnement disparaîtraient sur les artères commerciales, où il y aurait davantage de voies cyclables, de voies réservées aux bus et de trottoirs élargis. Ils seraient concentrés dans des garages souterrains, où l’occupation de moins de trois heures serait gratuite, d’après le modèle de M. Ferrandez.

Une centaine de ses abonnés Facebook ont alimenté la réflexion du chef de Projet Montréal. Ce dernier n’a pas souhaité expliquer davantage ses idées à Métro.

«C’était vraiment une réflexion qu’il souhaitait mener avec des intellectuels [et ses commettants]», a indiqué Projet Montréal.

Pour le chef du groupe conseil Écologie et innovation de IBM, Jean-François Barsoum, un équilibre doit être trouvé entre les tarifs de stationnement et une taxe sur la circulation, qui ont chacun un but différent. Les premiers sont mis de l’avant pour encourager un roulement des voitures sur les artères commerciales et la deuxième, pour réduire la congestion automobile.

«[Une taxe à la circulation], ce n’est pas quelque chose qu’un arrondissement pourrait faire ou même une ville», a dit M. Barsoum. Ce dernier croit qu’une telle taxe devrait être imposée à l’échelle de la province.

Cette taxe à la circulation peut prendre la forme d’un péage, sur un pont ou autour d’une zone, comme à Londres, ou même d’une taxe kilométrique. Celle-ci permet de faire payer les automobilistes pour l’utilisation de leur véhicule, selon l’heure de leurs déplacements et les routes empruntées. Des projets pilote sont en cours au Pays-Bas et dans l’État américain de l’Oregon. Singapour a aussi l’intention d’implanter une taxe kilométrique.

«Le gros problème de [la taxe kilométrique], c’est l’acceptation sociale, a mentionné Jean-François Barsoum. Les gens ne sont pas prêts à avoir un taximètre dans leur voiture qui leur dit que tel voyage leur a coûté tant et encore moins que le gouvernement connaisse leurs déplacements»

La taxe à la circulation est inéluctable, d’après M. Barsoum, puisque avec la multiplication des voitures électriques sur les routes, les revenus de la taxe sur l’essence, qui sert à financer l’entretien des infrastructures, plafonnent.

«Une voiture électrique, ça pollue moins, mais pour ce qui est de l’utilisation des infrastructures, c’est pareil, a dit l’expert en transport intelligent. Elle ne prend pas moins de place sur la rue.»

La Commission sur l’écofiscalité a plaidé, dans un rapport publié en novembre dernier, en faveur de la tarification de la congestion. Pour Montréal, elle proposait l’installation de péages sur tous les ponts qui relie Montréal aux villes qui bordent la métropole et de moduler les tarifs selon l’heure de la journée. Le ministre des Transports de l’époque, Robert Poëti, avait refusé, tout comme le maire de Montréal, Denis Coderre, qu’un tel scénario soit envisagé.

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