Archives SOS Itinérance a constaté que de nombreux itinérants se sont déplacés vers les quartiers périphériques du centre-ville ces derniers mois.

SOS Itinérance tente de mobiliser les élus de la nouvelle administration Projet Montréal pour obtenir des espaces au chaud où accueillir ceux qui vivent dans la rue.

Alors que le mercure est passé en dessous de zéro ces derniers jours, SOS Itinérance veut profiter de la présence d’une nouvelle équipe à la mairie de Montréal pour obtenir des haltes-chaleur dans les quartiers confrontés à la problématique de l’itinérance. L’organisme a ciblé les secteurs de Hochelaga, Mercier, Rosemont, Verdun, Saint-Henri, Ville-Marie et Peter McGill.

«Nous n’avons pas été écoutés avec Denis Coderre, donc il faut aller de l’avant et parler avec [Projet Montréal]. Je sais que mon dossier n’est pas prioritaire, mais nos sans-abri ne sont pas des déchets que l’on jette à la rue», indique Alexandre Paradis, président fondateur de SOS Itinérance.

L’organisme installé dans Hochelaga demande une annonce de la nouvelle administration avant le 1er décembre pour que ces nouvelles haltes voient le jour rapidement.

L’année dernière, SOS Itinérance avait ouvert un espace géré par des bénévoles au sous-sol de l’église Très-Saint-Rédempteur, mais M. Paradis et ses équipes avaient dû réclamer un soutien financier municipal en cours d’hiver qui n’avait pas été accordé. À l’époque, puisque le service était offert par des bénévoles et n’était ni relié au réseau de la santé ni au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), la Ville avait estimé qu’on ne pouvait s’assurer du respect des normes de sécurité et de santé publique.

Pour éviter de se retrouver dans une situation similaire, SOS Itinérance veut donc mobiliser le pouvoir municipal en amont.

«Il va nous falloir une mesure d’urgence, car le froid est déjà là. […] Cela implique un risque d’engelures et parfois la mort. L’an passé, un homme est décédé au coin de l’Assomption et Pierre de Coubertin par -13°C», s’inquiète M. Paradis.

Si les élections ont eu lieu le 5 novembre, les nouveaux élus ne seront toutefois assermentés que le 16 novembre. Interrogé par TC Media, un attaché de presse de Projet Montréal indique qu’il s’agit d’un enjeu «très important», mais qu’il faut attendre cette prise de pouvoir officielle et la nomination d’un porte-parole chargé de l’itinérance pour se positionner sur cette question. Il précise néanmoins que plusieurs des élus sont issus d’organismes qui ont une expertise à ce niveau et qu’une réponse sera apportée.

Des besoins importants dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
Selon Alexandre Paradis, le financement d’une halte-chaleur est minime et il est possible de mettre rapidement ces services en place. Le fondateur de SOS Itinérance estime que pour un local géré par des bénévoles, un budget compris entre 5000$ et 10 000$ par an est suffisant.

«C’est rien. On a simplement besoin de tables, de chaises, de soupe, de café et d’écoute», ajoute M. Paradis.

Le service est toutefois essentiel puisque SOS Itinérance dit avoir constaté une augmentation du nombre de sans-abri dans les quartiers en périphérie du centre-ville ces derniers mois.

Dans un quartier comme Hochelaga, seul le CAP St-Barnabé propose vingt places par soir, mais affiche toujours complet.

Éric Alan Caldwell, le conseiller du district et élu de Projet Montréal, a aussi promis que cet enjeu figurera dans ses priorités dès l’officialisation de la nouvelle équipe le 16 novembre.

«On reconnaît les besoins dans Hochelaga et il y a une démarche de concertation qui a été lancée pour connaître le meilleur modèle à mettre en place. Nous sommes conscients que le calendrier pousse à agir rapidement et ce sera une priorité», assure M. Caldwell.

Une halte-chaleur ouverte toutes les nuits

La Mission St-Michael, dans Ville-Marie, offrira dès le 1er décembre une halte-chaleur qui sera ouverte toutes les nuits. L’organisme ne pouvait auparavant proposer son service que lorsque les températures descendaient sous les -20°C.

Alexandre Paradis de SOS Itinérance salue cette avancée, mais estime qu’elle n’est pas suffisante.

«C’est pas vrai que les gens vont marcher jusqu’à la seule halte-chaleur au centre-ville. Il en faut aussi ailleurs», souligne le fondateur de l’organisme.

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