Archives TC Media Les alarmes à «bruit blanc» émettent un son à large bande de fréquences jugé moins agressant pour l'oreille. Dans les prochaines semaines, l'entreprise Termont testera cette technologie sur ses équipements du terminal Viau du port de Montréal.

Au cours des prochaines semaines, l’entreprise Termont, qui exploite le terminal Viau du Port de Montréal, installera et testera des alarmes à «bruit blanc» sur plusieurs de ses équipements afin de réduire ses nuisances sonores qui font l’objet de nombreuses plaintes citoyennes.

Cette technologie devrait permettre de réduire considérablement le bruit par rapport aux alarmes conventionnelles.

Elle est présentement utilisée dans le Port d’Amsterdam et s’avère efficace. Elle y est même obligatoire, souligne Catheryn Roy-Goyette, adjointe au bureau de circonscription de la députée fédérale de Hochelaga Marjolaine Boutin-Sweet, qui a recensé depuis un an les meilleures pratiques portuaires un peu partout dans le monde susceptibles d’inspirer le Port de Montréal.

«Lorsque les tests seront concluants tant au point de vue de la réduction du bruit que de la sécurité des travailleurs, le déploiement sur l’ensemble des équipements du terminal pourra être fait. Selon nos prévisions, c’est une question de semaines», écrit Mélanie Nadeau, directrice des communications à l’Administration portuaire de Montréal.

Des citoyens exaspérés
Les dernières semaines ont été difficiles pour les résidents habitant dans le secteur du Port de Montréal; le bruit émanant des activités du terminal Viau continuant de perturber de plus belle le sommeil des citoyens.

Julie Laroche, résidente de Hochelaga-Maisonneuve.

Incapable de dormir, dans la nuit du 1er au 2 mars, vers 1h du matin, Julie Laroche a enregistré une bande sonore des activités de manutention des conteneurs de l’entreprise Termont, qui exploite le terminal Viau.

De son appartement de la rue Adam, coin Ville-Marie, le bip bip bip des sirènes des équipements utilisés, les claquements de conteneurs et les klaxons de camionneurs sont perceptibles tout au long des 38 minutes que dure l’enregistrement.

«J’ai appelé à la capitainerie du port pour me plaindre. Des inspecteurs ont été envoyés. Ils ont pris des mesures du bruit et je n’ai eu aucune nouvelle», relate la citoyenne.

Depuis l’inauguration de l’agrandissement du terminal Viau, en novembre 2016, la situation s’est dégradée et elle est de plus en plus insupportable, juge-t-elle.

C’est comme le supplice de la goutte d’eau. Ça se produit à toute heure du jour et de la nuit. Même avec des bouchons, j’ai de la difficulté à dormir en raison du bruit» -Julie Laroche, résidente de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve

Les périodes d’accalmie ne durent jamais bien longtemps, selon Mme Laroche.

Berenice Ganzon Leon est propriétaire d’un condo de la rue Leclaire, entre les rues Sainte-Catherine et Notre-Dame. Elle vit les mêmes désagréments que ceux de Mme Laroche plusieurs fois par semaine.

La semaine dernière, elle a elle aussi appelé la capitainerie pour se plaindre du bruit.

«Le bruit de fond est constant. Depuis le mois de janvier, on dirait que c’est pire. Je me réveille au milieu de la nuit. Les inspecteurs se sont aussi déplacés chez nous, mais sans résultat. Ça continue.»

Irritabilité, stress, manque de sommeil et anxiété. Le bruit émanant du Port de Montréal est en train de miner sa santé.

Elle anticipe déjà les problèmes lorsque le beau temps sera de retour et que les gens voudront souper à l’extérieur ou ouvrir leurs fenêtres, elle qui a emménagé dans son condo l’an dernier seulement.

Sur les médias sociaux, la grogne citoyenne est aussi présente. Certains ont même abordé la possibilité d’engager un recours collectif.

Au bureau de la députée fédérale de Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, on a remarqué cette augmentation des plaintes au cours des dernières semaines.

L’adjointe de la députée, Catheryn Roy-Goyette, est en contact régulièrement avec l’administration portuaire.

Elle invite les citoyens à communiquer avec la capitainerie du port pour se faire entendre lorsque la situation l’exige.

«Les rapports des inspecteurs permettent de documenter et d’identifier les problèmes, indique Mme Roy-Goyette. Ça fait plus d’un an que nous sommes sur le dossier. Le bruit lié aux alarmes sur les équipements (le fameux bip bip bip strident et agressant) revient constamment.»

La réduction des nuisances est un enjeu majeur pour assurer une meilleure cohabitation entre le port et les citoyens, relève l’attachée politique de Mme Boutin-Sweet.

Celle-ci fonde beaucoup d’espoir sur le recours des alarmes à «bruit blanc» et croit que la situation s’améliorera grandement pour les citoyens.

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