Steve Caron/TC Media Renée DesRosiers, directrice générale du Groupe d'entraide de Mercier-Ouest.

Afin «d’améliorer [ses] services pour combattre l’insécurité alimentaire», Moisson Montréal ne proposera plus gratuitement une série de denrées à ses 250 organismes partenaires, qui devront payer une cotisation avant de les redistribuer aux gens dans le besoin.

Bénéficiant gratuitement de dons de nourriture et de produits essentiels au quotidien, cette banque alimentaire – la plus importante au Canada – vient d’instaurer des frais de 100 à 5000 $ annuels, selon la quantité de denrées distribuées par semaine.

Pour le Groupe d’entraide de Mercier-Ouest (GEMO), un organisme partenaire de Moisson Montréal situé dans l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM) qui offre des services d’aide alimentaire à ses membres, la facture oscillera autour de 1500 $ annuellement.

Chaque semaine, l’organisme dessert une centaine de personnes en aide alimentaire. Autant des familles, des jeunes que des personnes âgées.

La clientèle du GEMO a doublé au cours des dernières années. Les besoins augmentent, alors que le financement demeure le même. La situation devient de plus en plus difficile.

«Nous ne sautons pas de joie, mais je peux comprendre la décision de Moisson Montréal et je la respecte», de commenter Renée DesRosiers, directrice générale de l’organisme.

Pour justifier cette nouveauté, Moisson Montréal évoque dans une lettre «une pression importante [qui] s’exerce sur nos budgets», avec des «besoins qui continuent sans cesse de croître et les défis logistiques liés à la récupération de nourriture qui s’accentuent».

«Nous voulons améliorer nos services qui se sont déjà beaucoup développés, pour combattre l’insécurité alimentaire», a réagi Richard Daneau, son directeur, qui évoque notamment des frais logistiques et de transport de plus en plus importants, notamment depuis l’introduction, en 2013, de livraison de viandes.

«J’aimerais que cette problématique de la faim se résorbe, mais elle s’accentue année après année, a-t-il dit à TC Media. Elle touche même des gens qui ont un emploi et des enfants. On s’active pour faire tourner la roue, mais ça prend du temps et de l’argent.»

La banque alimentaire propose à ses partenaires de demander une contribution à leurs clients, variant de 3 à 7 $.

«Nous achetons nos propres fruits et légumes. Nous avons des forfaits variant de 7,50 à 15,50 $ qui comprennent des fruits et légumes ainsi que des denrées. Certaines personnes ont déjà de la difficulté à payer ces sommes, nous ne pouvons leur en demander plus», note Mme DesRosiers.

(En collaboration avec Steve Caron)

 

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