Steve Caron/TC Media Les partenaires de l'opération policière «la vitesse bouscule des vies» a permis de sensibiliser une quarantaine d'automobilistes aux conséquences que la vitesse peut avoir sur la vie de ses victimes.

Recevoir une contravention de plusieurs centaines de dollars ou participer à un atelier en compagnie de victimes de la vitesse, c’est le choix que les policiers ont donné aux automobilistes dans le cadre d’une récente opération policière.

Postés aux abords de la place Versailles, sur la voie de desserte de l’autoroute 25, dont la limite de vitesse est de 50km/h, les agents ont intercepté une quarantaine d’automobilistes circulant à une vitesse moyenne de 72km/h.

Un conducteur a même été épinglé à une vitesse de 91km/h.

Lors de l’interpellation, les policiers offraient aux conducteurs le choix entre recevoir le constat d’infraction ou assister à une présentation de quelques minutes en compagnie d’accidentés de la route, dont Emmanuel-Carl Cadet.

Emmanuel-Carl Cadet est un exemple vivant des conséquences de la vitesse

Emmanuel-Carl Cadet est un exemple vivant des conséquences de la vitesse

Le jeune homme a tout le côté droit paralysé et a passé 33 jours dans le coma à la suite d’un accident de voiture. Il est un exemple vivant des conséquences de la vitesse. Quand de son fauteuil roulant il discute avec les automobilistes pris en défaut, il tente de leur faire prendre conscience que la vitesse est un véritable danger.

«J’aimerais seulement vous sensibiliser au fait que la vitesse a des conséquences graves sur la vie des gens, se plait-il à leur dire. Voyez ce qui peut vous arriver ou encore à l’un de vos proches.»

Plusieurs automobilistes demeurent sans voix devant leur interlocuteur. D’autres n’ont pu éviter les larmes.

«Si c’était à ma fille que ça arrivait, je ne sais pas comment je réagirais. Le message de «Carl» me touche beaucoup», de confier un automobiliste littéralement bouleversé qui a dû prendre une pause de plusieurs minutes avant de retourner derrière son volant.

«Il y a une phrase qui dit qu’il faut le voir pour le croire, se souvient M. Cadet. C’est pour ça que je suis bénévole depuis quatre ans et que je fais de nombreuses conférences dans les écoles. Pour que les gens puissent voir.»

Loin de s’apitoyer sur son sort, la victime de la route a trouvé une nouvelle raison de vivre, lui qui a déjà songé au suicide.

«J’ai le sentiment de me sentir utile. Si par mon message je peux éviter ne serait-ce qu’une nouvelle victime de la vitesse au volant, je peux dire mission accomplie.»

C’est la troisième ou quatrième fois seulement à Montréal que cette formule est utilisée. Elle est réalisée en collaboration avec la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), Urgences-santé, le Service de sécurité incendie de Montréal et des bénévoles de Pensez d’Abord Québec.

«Pour nous, il ne fait aucun doute qu’une opération comme celle-ci est efficace. Quand des victimes de la route s’adressent directement aux automobilistes, le message est très fort et demeure présent dans l’esprit des gens», indique Nathalie Legros, agente sociocommunautaire au PDQ 23.

Au-delà des décès, il y a également les victimes qui doivent vivre avec des séquelles importantes et permanentes. L’impact qu’une collision peut avoir sur la vie des gens et sur celle de leurs proches est considérable, fait remarquer la policière.

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