Steve Caron/TC Media La relation entre Carl-Étienne et sa mère n'a pas toujours été facile. Deux ans après avoir appris qu'il souffrait du syndrome d'Asperger, le duo s'entend à merveille. L'ignorance a fait place à la compréhension.

Longtemps exclu par ses pairs qui le qualifiait de «bizarre», Carl-Étienne Corbeil-Fiset a toujours rêvé en silence de monter sur scène. Avant de réaliser son rêve, il a d’abord dû affronter ses angoisses, lui qui souffre du syndrome d’Asperger, une forme légère d’autisme. Il raconte son parcours.

Le diagnostic de Carl-Étienne est venu sur le tard. À l’âge de 23 ans, il reçoit la nouvelle comme un coup de poing en pleine figure. Il vient alors d’être hospitalisé à la suite d’une colite ulcéreuse aiguë. Le stress et l’anxiété ont raison de son corps.

Au cours de son séjour en centre hospitalier, il perd beaucoup de poids de manière inexpliquée. Il passe de 145 à une centaine de livres.

Tout ce temps à jouer un rôle, à épier les comportements des autres, parce que lui, il ne sait pas quoi faire. Colère, idées noires, séparation amoureuse, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

«À cette époque, je n’étais pas dans la meilleure forme. Quand on m’a annoncé que je souffrais du syndrome d’Asperger, j’étais sous le choc. Toutes ces années à me questionner, à me chercher et à tenter de comprendre. On venait finalement de trouver la source de plusieurs de mes problèmes», confie-t-il.

Le résident de Mercier-Ouest se remémore tous ces moments de l’adolescence où il passe pour «un bizarre», qu’il est l’objet de remarques désobligeantes, qu’il est rejeté en raison de ses difficultés à décoder les messages non verbaux, le deuxième niveau ou encore à socialiser. Et maintenant, enfin il comprend.

«Je me faisais des scénarios dans ma tête. Les idées se bousculaient en moi. Mon estime et ma confiance n’étaient pas très élevées. Je n’avais pas beaucoup d’amis. Tanné d’être rejeté, je vivais dans mon propre univers», se souvient Carl-Étienne.

À cette époque, la musique entre dans la vie du jeune homme. Il consacre beaucoup de temps à l’écriture de textes. Cela lui permet d’extérioriser ses émotions.

«Heureusement que j’avais la musique…», dit-il simplement.

Après la réception du diagnostic, Carl-Étienne a travaillé fort sur lui-même. Il s’est adapté et a appris à accepter sa condition. Aujourd’hui à 25 ans, il est plus heureux que jamais.

En octobre 2016, sur les planches du Medley Simple Malt, le jeune homme – aussi connu sous son nom de scène Little Man – se délivrait une fois pour toutes de son secret. Il révélait publiquement pour la première fois être atteint du syndrome d’Asperger. Une étape primordiale dans son cheminement vers l’acceptation.

Il écrit toujours beaucoup. La colère et la haine ont fait place à la joie et au bonheur. Il occupe un emploi et a son propre appartement. Ses relations sociales se sont grandement améliorées.

«La transformation est drastique. Carl-Étienne vit beaucoup de beaux succès et de belles réussites», souligne fièrement sa mère.

En fait, il est l’exemple vivant qu’il est possible de réaliser ses rêves, malgré un syndrome d’Asperger.

Spectacle-bénéfice
Carl-Étienne et sa mère offriront un spectacle-bénéfice le samedi 18 mars, à compter de 19h, à la salle Désilets du cégep Marie-Victorin, au profit de la Fondation les petits trésors de l’Hôpital Rivière-des-Prairies.

Ils seront accompagnés pour l’occasion de plusieurs musiciens sur scène et de Dramatik, invité spécial.

Jazz, pop, rock, hip-hop sont au menu. Les billets sont en vente au coût de 25$ et de 10$ pour les adolescents.

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