Steve Caron/TC Media Yvan Gendron, directeur général du CIUSSS de l'Est-de-l'île-de-Montréal, demeure convaincu que la réforme ayant conduit à la création des CIUSSS était nécessaire pour améliorer les services de santé.

Il y a maintenant deux ans, le ministre de la Santé Gaétan Barrette mettait en place une nouvelle réforme en abolissant les agences de santé pour créer les centres intégrés universitaires de santé et des services sociaux (CIUSSS). Yvan Gendron, directeur général du CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal, dresse un bilan de cette nouvelle aventure.

La nouvelle structure a nécessité plusieurs ajustements. La réorganisation a entraîné une coupe de plus de 20% du personnel administratif au CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal. Plus de 130 postes de cadres, sur un total de 588, ont été abolis.

«Les décisions n’ont pas été faciles à prendre, avoue M. Gendron, mais nous étions rendus là. La structure des CIUSSS nous permet une meilleure cohésion des soins. Les changements ont permis d’améliorer le réseau et ce sont les patients qui en bénéficient.»

Le directeur général cite en exemple les améliorations aux offres de services dans les soins palliatifs et les soins à domicile sur son territoire.

«Nous suivons sur une base régulière plus de 1000 personnes en soins à domicile grâce à l’intégration des équipes et aux modifications apportées à nos façons de faire. Nous sommes maintenant en mesure de mieux répondre aux besoins des gens et surtout d’évaluer ces besoins pour leur offrir les meilleurs soins.»

Mais ce dont le directeur général est le plus fier, c’est que tous vont dans la même direction. Les services offerts aux patients sont de grande qualité, peu importe l’établissement qu’ils fréquentent au sein du CIUSSS, indique-t-il.

Le CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal dessert une population de 525 000 personnes, ce qui en fait l’un des cinq plus gros CIUSSS au Québec.

«On peut sûrement faire encore mieux, mais certaines données parlent d’elles-mêmes. Par exemple, le nombre de visites a augmenté de 8,5% à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Malgré tout, notre temps d’attente sur civière a diminué de 20%. Nous gagnons en efficacité et c’est très encourageant. Surtout que nous n’avons pas encore atteint notre pleine vitesse de croisière.»

L’argent étant souvent le nerf de la guerre, le financement par activités et la reconnaissance des centres d’excellence du CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal dans plusieurs domaines, dont en santé mentale, en ophtalmologie, en cancérologie, en recherches, sont de bonnes nouvelles, estime le directeur général. Ils permettront de maintenir la qualité de l’offre de services sur le territoire même du CIUSSS.

Cette reconnaissance d’excellence facilite le recrutement et la rétention du personnel. Au cours des prochaines années, avec le nombre grandissant des départs à la retraite, le recrutement de la main-d’oeuvre sera un enjeu de taille.

«Nous sommes relativement bien positionnés à ce niveau, croit M. Gendron. L’environnement de travail est un facteur que les employés considèrent quand vient le temps de décider où ils veulent travailler. Nos équipements sont modernes, nos bâtiments ont été ou sont en voie de rénovation et d’autres travaux sont à venir. Plusieurs choisissent de faire carrière chez nous.»

Parfois, il aimerait disposer de plus de temps pour réaliser les changements, s’ajuster aux demandes ministérielles ou encore pour pouvoir bien en discuter avec ses équipes, M. Gendron considère que l’implantation des CIUSSS demeurait nécessaire et qu’au bout du compte, ce sont les patients qui y gagnent.

«Une réforme de structure»
Du côté syndical, «la réforme est une transformation énorme et profonde du système» qui n’a pas que des bons côtés, souligne Luc Beauregard, vice-président de la section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

«La délocalisation et le transfert d’employés amènent une perte de services professionnels dans certains secteurs locaux. Les patients doivent se déplacer pour avoir accès à des services qui leur étaient offerts à proximité de chez eux», fait remarquer le représentant syndical.

Il y a encore beaucoup d’ajustements à faire, selon M. Beauregard, qui a l’impression que la réforme se fait de façon improvisée.

«On promettait un meilleur accès aux  médecins. Pourtant, je ne sens pas de réelles améliorations aux listes d’attente. Elles sont aussi longues qu’avant dans la région de Montréal. Nous fonctionnons encore beaucoup en silo.»

M. Beauregard estime qu’avec la réforme, on est beaucoup dans la «communication politique.» Que la réforme est menée par un seul homme au gré de ses décisions.

«On se dirige de plus en plus vers une privatisation de nos services de santé. Et je ne suis pas convaincu qu’il s’agit de la meilleure des décisions», conclut M. Beauregard.

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