Nicolas Ledain / TC Media Solenne Brouard Gaillot a fondé une entreprise innovante qui récupère l’intégralité du polystyrène pour le recycler.

Polystyvert a réussi le défi du recyclage du polystyrène, mieux connu sous le nom de la marque de commerce, Styromousse. Le procédé développé contribue à protéger l’environnement et permet de transformer l’intégralité du produit initial en pastilles réutilisables.

L’histoire de Polystyvert a commencé en 2011 lorsque l’entrepreneure Solenne Brouard Gaillot a décidé de démissionner de son poste pour accomplir son rêve entrepreneurial.

«J’avais un boss qui avait un super boulot. J’ai réalisé que si je voulais ce boulot rapidement, il fallait que je crée mon entreprise», se souvient la cheffe d’entreprise.

Originaire d’une région industrielle de l’est de la France, la jeune femme a naturellement choisi de créer une usine. Par conviction écologique, elle s’est tournée vers les technologies vertes.

«Il fallait quelque chose qui ne se délocalise pas, le recyclage s’est imposé. Il fallait ensuite un produit intéressant et le polystyrène est ressorti», explique Solenne Brouard Gaillot.

Si ce produit plastique est très utilisé, notamment dans l’industrie alimentaire, il se recycle très mal en raison de son volume important qui augmente les coûts de transport et de son exploitation puisqu’il doit être nettoyé, car contaminé par de la nourriture ou des matériaux divers. De plus, les seules méthodes de recyclage alors disponibles sur le marché faisaient perdre de la qualité au produit initial.

C’est grâce à une étude réalisée par Marine Hadengue, une étudiante de polytechnique Montréal, que Solenne Brouard Gaillot a découvert une piste de solution.

La compagnie japonaise Sony avait développé une méthode de recyclage par dissolution, mais cette technologie avait rencontré des difficultés et l’usine japonaise avait finalement fermé.

Après de nombreux tests infructueux et avec l’aide précieuse du professeur Roland Côté, Alexandre Pellerin, le chimiste de Polystyvert, a finalement mis au point un procédé efficace en février 2014.

La jeune cheffe d’entreprise a depuis déposé une demande de brevet international pour protéger sa technologie.

«Notre procédé est neutre sur le polystyrène, tout ce qui rentre en polystyrène ressort en polystyrène. L’huile essentielle peut aussi être réutilisée, il y en a seulement un petit peu qui s’évapore», explique la fondatrice de Polystyvert.

Le défi de la rentabilité
Après plusieurs levées de fonds qui ont permis de développer les machines permettant de reconstituer les pastilles de polystyrène, l’entreprise s’est installée à Anjou en 2015 d’où elle propose ses services aux entreprises de Montréal et de l’Estrie.

Pour l’instant la capacité de traitement est limitée en raison de la taille de l’usine, mais la startup en technologies vertes continue d’investir pour exploiter pleinement son potentiel.

«On construit en ce moment une capacité de production de 250 kilos par heure et je lève le financement pour une usine à pleine échelle qui permettra de passer à 1000 kilos par heure. Les clients sont contents donc il faut qu’on augmente notre capacité de production», indique Solenne Brouard Gaillot.

Polystyvert n’est pas encore rentable en raison de l’investissement initial important et du long processus de développement, mais l’entreprise peut avoir des ambitions internationales avec sa méthode révolutionnaire.

«C’est tout le défi d’atteindre la rentabilité, surtout dans les technologies vertes. Il y a eu plus de 10 M$ d’investis donc cela demande du temps, mais le jour où nous serons opérationnels, il y a de très bonnes perspectives», estime la dirigeante.

À titre personnel, Solenne Brouard Gaillot a réussi à devenir une cheffe d’entreprise reconnue, puisqu’elle vient de recevoir le prix décerné au meilleur jeune leader lors du gala ESTim de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal. Il s’ajoute aux nombreuses récompenses et bourses obtenues ces dernières années.

«C’est l’fun, mais je ne serai pas là sans l’équipe, précise la fondatrice de Polystyvert. Je voulais vraiment avoir un impact sur l’environnement. Si on arrive à une usine à pleine échelle, on aura cet impact et je pourrai définitivement dire que cela a servi à quelque chose.»

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