Google Maps Des élèves du Collège d'Anjou ont lancé un pacte de suicide collectif, «une première» pour l'établissement scolaire.

Trois élèves du Collège d’Anjou ont été suspendus pour une durée indéterminée après avoir fait circuler un pacte de suicide collectif qui a été signé par plus de 60 jeunes. Bien qu’il s’agissait d’une «blague», selon les trois adolescents, la situation est très préoccupante, estime le directeur Luc Plante.

Le 28 novembre, sur l’heure du dîner, trois adolescents de troisième secondaire ont décidé de faire circuler un pacte où ils invitaient des adolescents à mettre fin à leur jour, le 30 janvier prochain. Les surveillants voyant les feuilles circulées les ont interceptées «rapidement». En une dizaine de minutes, 62 élèves avaient signé le document.

«C’était une blague pour les trois individus. J’ai de la difficulté à saisir en quoi ça peut faire rire, surtout à une semaine du suicide d’un adolescent victime d’intimidation au Québec. Ces trois clowns ont voulu faire rire, mais le suicide, ça ne fait rire personne», affirme le directeur général du Collège d’Anjou, Luc Plante.

Devant l’ampleur de la situation, la direction de l’école a joint le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Les policiers ainsi que des intervenants psychosociaux et de la cellule de crise ont tous rencontré les parents et élèves lors d’une rencontre, le 29 novembre.

«C’est très rare un pacte de cette ampleur. On m’informait qu’habituellement c’est trois ou quatre personnes. Nous, nous avions 62 signataires. Je souhaite que ce soit une vraie blague et que personne n’ait pris cela au sérieux», souligne M. Plante.

Les enquêteurs du SPVM ont rencontré les trois instigateurs du pacte ainsi que leurs parents. Il a été décidé qu’aucune accusation ne serait portée contre eux.

«Dans des cas de ce genre, nous faisons automatiquement une enquête. Les policiers ont rencontré les jeunes et leurs parents et il n’y aura aucune accusation criminelle. Notre travail policier est terminé dans ce dossier, mais nous serons là comme support et aide pour nos partenaires et l’école», informe Benoit Boisselle des Relations Médias du SPVM.

«Ils sont tout de même suspendus de l’école pour une durée indéterminée», déclare M. Plante.

Garder l’œil ouvert
Alors que la situation a été traitée rapidement, la direction compte poursuivre les efforts d’interventions auprès des élèves.

«Les agentes sociocommunautaires du poste de quartier 46 viendront un après-midi rencontrer tous les élèves pour les mettre au parfum de ce qui s’est passé. Nous aurons également des psychoéducateurs en surplus qui viendront rencontrer les jeunes s’ils ont besoin de parler», indique le directeur général.

Ce dernier ajoute que les enseignants, professionnels et direction de l’école resteront à l’écoute et attentifs à toute situation.

«Nous allons également mettre les élèves à contribution. Ils sont tous branchés sur les médias sociaux. S’ils voient quelque chose d’inquiétant, ils pourront venir nous en parler», mentionne M. Plante.

Prévenir la mise en action
«Même si c’est une blague, il ne faut pas prendre les choses à la légère. Il est possible que certains des signataires aient des idées suicidaires et vivent de la détresse», ajoute Jérôme Gaudreault, directeur général de l’Assocation québécoise de prévention du suicide.

Pour éviter que certains jeunes vivant de la détresse ne passent à l’acte, l’organisme croit qu’il est important de poursuivre le travail de prévention et de sensibilisation.

«Je salue la réaction de l’école dans ce dossier. C’est important de sensibiliser les gens, mais il ne faut pas les forcer à parler. Il faut leur rappeler qu’il existe des ressources d’aide et être présent s’ils en ont besoin», précise M. Gaudreault.

L’organisme Suicide Action Montréal possède un service d’intervention téléphonique pour venir en aide aux personnes dans le besoin. Si vous pensez au suicide, êtes inquiet pour un proche ou êtes une personne endeuillée par le suicide, vous pouvez composer le 514 723-4000. Ailleurs au Québec, on compose le 1 866 APPELLE (277-3553) pour être diriger vers l’organisme local de votre région.

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