Steve Caron/TC Media «Grâce à ce panier d'urgence, mes enfants pourront manger dans les prochains jours», de confier une mère de famille de passage chez Mme Coignet lors de l'entrevue.

Chaque semaine, dans son appartement de la rue Sherbrooke dans Mercier-Est, Virginie Coignet partage avec les plus démunis les fruits, légumes, produits laitiers, produits d’hygiène et autres de son frigo collectif qu’elle recueille principalement grâce au «dumpster diving», qui consiste à faire le tour des bennes à ordures pour s’approvisionner en nourriture.

Le projet de Mme Coignet est né il y a un peu plus d’un an et est baptisé Le frigo de Mercier – Montréal-Est, mais il est encore bien méconnu.

Trois fois par semaine, la jeune femme fait le tour des bennes à ordures pour récupérer les produits invendus des commerçants pour sa propre consommation et partage les excédents avec ceux qui en ont besoin.

Selon les résultats de sa récolte, elle confectionne de 8 à 15 paniers équivalant à environ deux sacs d’épicerie par semaine. La distribution a lieu les jeudis ou vendredis.

«Juste avec ce que je récupère dans les bennes à ordures, ça fait huit ou neuf mois que je n’ai pas fait d’épicerie. Les commerçants congèlent leurs produits avant de les jeter la veille ou le jour même de la collecte. Quand on sait quand les récupérer, on peut avoir accès à des produits frais», explique-t-elle.

Et les dates de péremption dans tout ça? «Elles sont un indicatif… C’est souvent un outil de marketing», répond-elle.

Lors de l’entrevue avec TC Media, le 18 janvier dernier, Mme Coignet avait mis la main sur des boîtes de Kraft Dinner dont la date d’expiration n’était même pas encore atteinte dans certains cas.

«Il n’y a pas que des produits périmés. On peut retrouver plusieurs produits simplement en raison de l’emballage qui ne coïncide plus avec la période de l’année (Halloween, Pâques, Noël). D’autres fois, c’est parce que les conserves sont abîmées ou que les produits ont une apparence moche. Et pourtant, ils sont encore bons», fait-elle remarquer.

Les paniers de Mme Coignet sont majoritairement confectionnés grâce au «dumpster diving», mais il lui arrive de recevoir des dons des commerçants ou encore des citoyens.

Le problème, c’est qu’elle ne dispose pas d’un camion pour aller chercher la marchandise ou d’un espace pour tout entreposer. Son appartement ne peut tout accueillir.

Elle est donc à la recherche d’un organisme communautaire qui pourrait héberger son réfrigérateur. Elle aimerait pouvoir transformer son projet en organisme sans but lucratif ou encore en coopérative.

«Ce sont des avenues que j’explore, indique la citoyenne. Si des gens sont prêts à s’investir dans le projet, je suis très ouverte. Faudrait voir ce qu’il est possible de faire.»

En attendant, la remise des paniers se déroule à même l’appartement de Mme Coignet. Aucune question n’est posée, aucun document à remplir, aucun jugement.

La citoyenne affiche sur la page Facebook du frigo les divers paniers et les gens lui écrivent en message privé pour réserver et aller chercher le tout. Ils peuvent également lui écrire par courriel au frigo.mtlest@gmail.com pour plus d’information.

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