Google Map Le 8075, de la rue Hochelaga retrouvera sa vocation d'origine d'école. Construit en 1956, l'édifice a porté le nom d'École Lebrun, avant de devenir la St Gerald's boys school de la Commision des écoles catholiques de Montréal (CECM).

Confrontée à un problème de surpopulation d’élèves dans Mercier-Est, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) prévoit construire une nouvelle école primaire. Le hic, c’est qu’elle le fera sur le site qui accueille Station Vu, un rare cinéma de quartier qui reçoit des subventions de la Ville et du gouvernement provincial.

Le projet de la CSDM prévoit la construction de deux classes préscolaires, 12 classes primaires et un gymnase simple pour des investissements de 13,5M$. Le bâtiment du 8075, de la rue Hochelaga sera démoli pour faire place à une école primaire.

Cette démolition forcera la relocalisation du cinéma de quartier Station Vu et de l’organisme Production Jeun’Est, tous les deux locataires du bâtiment appartenant à la CSDM.

«C’était dans l’air, mais nous l’avons appris en même temps que tout le monde à la dernière minute. Nous n’avons pas eu de discussion officielle avec la CSDM, alors nous ne savons pas trop ce que l’avenir nous réserve», raconte Alain Turner, directeur général de Station Vu.

L’organisme devra trouver une solution de rechange pour poursuivre ses activités. Et les locaux disponibles à un coût abordable ne pleuvent pas, compliquant d’autant leur tâche.

«Nous avons eu un appel de la part de l’arrondissement pour nous réaffirmer leur appui. Ça s’est encourageant. Pour le reste, nous sommes en attente d’en savoir plus sur les échéanciers de la CSDM», indique M. Turner.

Alain Turner verrait d’un bon œil un partenariat entre son organisme et la commission scolaire. La nouvelle école pourrait avoir une vocation artistique avec une annexe qui permettrait d’accueillir Station Vu, estime M. Turner.

«Ce serait un projet collectif véritablement au profit de la communauté. Mais on ne sent pas cette volonté de la part de la CSDM.»

Station Vu a toujours dans les cartons un projet de création de pôle culturel s’articulant autour d’intérêts artistiques et complémentaires qui pourrait se réaliser dans un horizon de trois à cinq ans ou plus. Mais le projet en est à ses premiers balbutiements, ce qui n’est donc pas pour demain.

La popularité de Station Vu ne cesse de s’accroître. Sa programmation est principalement axée sur le cinéma de répertoire, les documentaires et les films dits indépendants ou d’auteurs, un créneau peu exploité à Montréal.

M. Turner craint qu’une interruption de l’offre de services de Station Vu soit néfaste pour son organisme.

Il espère que la relocalisation de son organisme soit l’occasion d’avoir un espace plus grand qui pourrait doubler sa capacité d’accueil la faisant passer à 80-100 sièges.

La CSDM a analysé la possibilité de procéder à une réhabilitation majeure jumelée à un agrandissement de l’édifice. Cette option a été rejetée en raison des difficultés de réalisation technique, du coût de réhabilitation élevé et de la persistance du déficit fonctionnel non résolu des locaux existants.

La taille du bâtiment actuel ne permet pas de répondre au programme pédagogique qui requiert maintenant des locaux polyvalents, bibliothèques et locaux autres fonctions. Seuls quatre groupes pourraient y être accueillis et les élèves devraient se déplacer vers une autre école pour avoir accès à un gymnase.

L’option de la démolition et d’une reconstruction complète est donc privilégiée. L’édifice pourra ainsi compter de deux à trois étages et permettra de corriger les problèmes de structure, de remédier à la présence d’amiante et de corriger les déficits fonctionnels.

«Un déménagement n’est jamais facile. Nous accompagnerons les deux organismes dans leur relocalisation. Nous avons d’autres bâtiments excédentaires à la CSDM. Nous étudierons les besoins des deux organismes et peut-être que nous serons en mesure de les relocaliser dans un autre bâtiment de notre réseau», souligne Léo Lavoie, commissaire scolaire de Mercier.

La nouvelle école permettra éventuellement de donner un peu de souffle aux écoles Boucher-De La Bruère et Sainte-Louise-de-Marillac qui compteront des unités modulaires dès la rentrée scolaire 2018-2019, une mesure transitoire pour répondre aux besoins d’accueil de ces établissements.

L’échéancier de la nouvelle école reste encore à établir, ce qui déterminera la suite des choses. De manière générale, un projet de construction d’école prend de 18 à 24 mois.

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