Steve Caron/Le Flambeau Mettre fin aux ateliers culinaires du Centre NAHA signifierait que 240 jeunes des camps de jour de Mercier-Ouest seraient privés de boîtes à lunch, indique Sébastien Pageon, directeur général du Centre NAHA.

Les ateliers culinaires offerts par le Centre NAHA nagent en eaux troubles. La subvention permettant d’offrir les ateliers n’a pas été reconduite et le service est en péril.

Le directeur du Centre NAHA, Sébastien Pageon, se retrouve devant un dilemme. Peu importe la décision prise, elle se traduira par des coupes dans les services dispensés. À moins qu’une aide financière inespérée ne soit octroyée à l’organisme communautaire.

«Soit nous maintenons les ateliers culinaires en coupant dans nos autres services ou soit nous abandonnons tout simplement nos ateliers. Dans les deux cas, ce sont nos usagers ou nos partenaires qui écoperont», déplore le directeur général.

Les ateliers culinaires de NAHA permettaient de rejoindre en moyenne 185 participants. Ces derniers pouvaient partager un moment convivial et des savoirs, tout en apprenant à cuisiner.

Le programme permettait également de fournir près de 800 repas à des mères monoparentales en centre de répit et 7400 boîtes à lunch à 240 jeunes de cinq camps de jour de Mercier-Ouest.

Sans NAHA pour leur apporter un soutien, M. Pageon se demande ce que leur réserve l’avenir.

Depuis deux ans, NAHA recevait son aide financière du Fonds québécois d’initiatives sociales créé dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale en partenariat avec la Ville de Montréal.

La ville-centre reçoit l’enveloppe budgétaire et la distribue aux divers arrondissements. Ceux-ci sont responsables de l’octroi des sommes aux organismes communautaires en fonction des projets présentés.

Dans l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM), un comité de sélection se charge d’analyser les demandes. Il fait ensuite ses recommandations aux élus qui eux entérinent leurs recommandations.

Le comité est composé de représentants de chacune des trois tables de concertation de l’arrondissement, du CIUSSS de la Pointe-de-l’île, du chef de division sports, loisirs et développement social de l’arrondissement et d’une conseillère en développement communautaire de l’arrondissement.

«Le comité a plusieurs réserves face à ce projet. L’organisme n’a pas intégré les recommandations du comité faites en 2017. L’organisme ne travaille pas de concertation avec les autres organismes malgré les recommandations du comité en 2017 et de la table de concertation Mercier-Ouest, quartier en santé (MOQS)», écrit le comité de sélection pour expliquer sa décision de ne pas retenir le projet de NAHA.

Des propos qui choquent M. Pageon. Il rappelle que le projet présenté est sensiblement le même qui a reçu du financement lors des deux dernières années. Il ne comprend pas les réserves à l’égard du projet que peut avoir le comité de sélection.

«Et de dire que je ne travaille pas en concertation c’est faux. Que le comité de sélection aille dire ça aux gens des camps de jour et des mères monoparentales que nous soutenons, d’inviter M. Pageon. Est-ce que j’assiste à toutes les rencontres de la table de concertation MOQS? Non, je n’ai pas toujours le temps de passer des heures autour d’une table à discuter. Nous sommes une très petite équipe et j’ai un organisme communautaire à faire rouler.»

M. Pageon a l’impression de ne pas faire partie de la «clique».

«Avant nous ne recevions même pas le formulaire d’aide financière parce que nous n’étions pas membres de la table de concertation MOQS», indique-t-il.

Selon l’arrondissement, le comité de sélection demeure la meilleure façon de procéder. Il retire tout l’arbitraire d’une analyse faite en vase clos par des fonctionnaires seulement. Il met à contribution des représentants d’organismes qui connaissent très bien les enjeux spécifiques aux trois quartiers.

M. Pageon et son équipe ne lancent pas la serviette pour le moment. Le directeur général de NAHA a sollicité une rencontre avec le maire Pierre Lessard-Blais pour tenter de trouver une solution.

La rencontre n’a toujours pas eu lieu.

«Nous ne souhaitons pas commenter davantage le dossier avant d’avoir eu la chance d’en discuter avec les principaux intéressés», a répondu par courriel le maire.

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