Amélie Gamache L’analyse, réalisée par la firme Hatch dans le cadre d’une demande de permis de CCR à la Ville de Montréal révèle que deux substances dépassent les normes gouvernementales de qualité de l'air: l’arsenic et le dioxyde de soufre.

Préoccupés à la suite de la publication de l’avis de la Direction régionale de la santé publique (DRSP) sur les émissions atmosphériques de l’affinerie de cuivre CCR de Montréal-Est, les élus de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM) rencontreront la direction de l’entreprise.

L’avis de la DRSP fait état d’un dépassement des normes de qualité de l’air en 2018 en zone résidentielle d’arsenic et de dioxyde de soufre (SO2), relié aux activités de l’affinerie.

Bien que la DRSP conclue que le risque à la santé pour la population résidant à proximité de l’affinerie est très faible, la priorité dans ce dossier doit demeurer la même que celle qui nous guide dans l’ensemble de nos actions: la santé et la qualité de vie des citoyens, croient les élus.

«Le rapport que nous avons reçu est inquiétant, mais les risques pour la santé demeurent faibles, a déclaré le maire Pierre Lessard-Blais. La santé des résidents de Mercier-Est est notre priorité et des mesures rapides doivent être prises par l’entreprise pour mettre fin à ce dépassement des normes.»

Les élus de MHM poseront trois gestes concrets pour rassurer leurs résidents. Ils rencontreront la direction de l’affinerie CCR pour faire le point sur la situation et prendre connaissance des actions prévues par l’entreprise afin de réduire à la source les émissions dans l’air des polluants.

Ils demanderont à l’affinerie que des résidents de Mercier-Est intègrent le comité citoyen de gestion des nuisances et ils installeront une station de mesure des concentrations ambiantes des métaux dans Mercier-Est pour faire un suivi sur les concentrations d’arsenic et de SO2 dans l’air.

«Les résidents de Mercier-Est sont préoccupés. CCR doit démontrer à la population qu’elle répond à leurs préoccupations et définir rapidement les nouvelles mesures d’atténuation afin de ramener les émissions d’arsenic sous la norme», indique la conseillère municipale de Tétreaultville Suzie Miron.

Des réponses exigées
Par voie de communiqué, Mario Beaulieu, député bloquiste de la Pointe-de-l’Île, juge «inacceptable» que la compagnie CCR minimise les risques d’un dépassement des normes d’arsenic dans l’air.

Il souligne que l’avis du DRSP, bien que rassurant sur les risques,  juge également essentiel que des actions sont posées afin que la population ne soit pas exposée à des concentrations chroniques plus élevées que la norme, et souligne que «malgré les mesures d’atténuation prévues par l’industrie et la mise en place d’un dépoussiéreur, en 2018, les rejets d’arsenic vont dépasser de deux fois les normes en vigueur au Québec.»

L’est de Montréal est l’une des régions les plus affectées par les maladies pulmonaires, selon l’Association pulmonaire du Québec. Les résidents y ont également une espérance de vie de neuf ans inférieure par rapport à la population de l’ouest de l’île.

Le Collectif en Environnements Mercier-Est (CEM-E), un organisme environnemental de l’est de Montréal, se demande si la situation était connue des autorités compétentes. «Si oui, à qui revenait la responsabilité de rendre ces données publiques: le maire de Montréal-Est, le Service de l’environnement de Montréal, la DSP ou le ministère de l’Environnement du Québec?», s’interroge l’organisme, dans un communiqué.

Selon le président de l’organisme, Raymond Moquin, les autorités ont manqué à leurs obligations de protection et l’environnement et d’information à la population.

 

En collaboration avec Amélie Gamache

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