La proposition du Comité des aînés d’Anjou de créer un organisme Éco-quartier pour mettre en place de nouveaux projets écologiques ne fait pas l’unanimité du côté de l’arrondissement, qui affirme offrir déjà tous les mêmes services que le programme de la Ville de Montréal.

Le comité, appuyé par le Regroupement des organismes et des citoyens humanitaires d’Anjou (ROCHA), a déposé un mémoire de 30 pages en faveur de l’implantation du programme mandaté à un organisme communautaire du milieu, lors de la consultation publique sur le développement durable, le 26 septembre.

Les initiateurs considèrent qu’un Éco-quartier à Anjou serait un moyen d’attendre les objectifs du plan local de développement durable et permettrait de « rejoindre les citoyens, de les informer et de les sensibiliser sur l’environnement », peut-on lire dans un communiqué du ROCHA.

Pour justifier la mise sur pied sur Éco-quartier, le comité soulève plusieurs questions environnementales dans leur mémoire, dont celles de la gestion des matières résiduelles, de l’existence des îlots de chaleur et de la présence d’herbe à poux.

Il souligne que le taux de récupération des matières recyclables à Anjou se situe sous la moyenne montréalaise –établie à 53%- avec 50%. En ce qui a trait au taux de récupération des matières organiques, celui d’Anjou est de 4% alors que celui de la Ville de Montréal est établi à 10%.

« L’Éco-quartier peut aller plus loin que ce que fait la ville, il pourra prendre en charge ce qui est déjà fait et monter des projets avec les citoyens pour amener des changements dans les habitudes de vie », indique la coordonnatrice de la concertation Aînés du Rocha, Marie-Michèle Mondor.

Pas besoin et pas d’argent

Le maire d’Anjou, Luis Miranda, doute de la nécessité du programme Éco-quartier sur son territoire, puisqu’il rappelle que l’arrondissement offre des bacs et des composteurs domestiques à des prix abordables.

Celui-ci va même jusqu’à parler d’un « dédoublement » des services avec la proposition du Comité des aînés. « On en a pas besoin et il y a des éco-quartiers à proximité s’ils veulent s’informer », stipule M. Miranda.

Le maire estime que l’arrondissement n’a pas les moyens de mettre sur pied ce programme. « Où vais-je trouver l’argent? À quel organisme dois-je l’enlever? », lance-t-il en entrevue.

L’implantation d’un Éco-quartier pourrait coûter entre 82 000$ et 95 300$ par année à l’arrondissement, selon l’entente entre celui-ci et l’organisme porteur.

À l’approche des élections municipales, M. Miranda est convaincu que cette proposition ne constitue pas un enjeu électoral. « Ce n’est pas comme si les services n’étaient pas existants. Il ne faut pas oublier que la Société d’horticulture, d’écologie et de vivaces d’Anjou (SHÉVA) existe depuis 30 ans ».

Marie-Michèle Mondor du ROCHA espère que le maire considère l’idée d’un Éco-quartier, portée depuis plusieurs mois par le Comité des aînés d’Anjou. Elle précise toutefois que d’autres projets, développés sur une base volontaire, pourraient être envisageables.

Le programme Éco-quartier est implanté dans 14 arrondissements montréalais.

Activités d’un Éco-quartier

-Distribution de bacs de recyclage;

-Intervention dans les immeubles à logements pour améliorer le tri des matières recyclables;

-Ateliers sur les 3RV dans les écoles ou les camps de jour;

-Corvée et grand ménage printanier des ruelles;

-Distribution de fleurs vivaces ou annuelles;

-Verdissement de cours d’école

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