(Photo: pacophoto.ca) Pawel Kardas, enseignant au programme de soudage-montage du Centre de formation professionnelle Anjou, est très fier de son élève. Remporter une bourse du concours Chapeau les filles n'est pas une mince affaire.
Détermination et passion. Après avoir rencontré Jessica Sarraf, étudiante au Centre de formation professionnelle Anjou dans le programme de soudage-montage, ce sont les premiers mots qui viennent à l’esprit pour décrire la jeune femme. La lauréate du concours Chapeau les filles a finalement trouvé sa voie.

Si on lui avait dit qu’un jour elle retournerait aux études, à l’âge de 28 ans, en soudage-montage, la principale intéressée ne l’aurait probablement pas cru.

« Je suis née au Liban. Ma famille et moi sommes arrivées au Québec il y a 20 ans. Je suis passée par beaucoup d’épreuves dans ma vie, mais je ne me destinais nullement vers le métier de soudeure-monteuse.

« J’ai travaillé en bureautique, en comptabilité et en gestion des primes d’assurances. Des emplois très différents de mon domaine actuel.

« Je me suis mariée, puis j’ai suivi mon mari en France. Je n’étais pas heureuse. À la suite de mon divorce, j’ai décidé de revenir à Montréal pour tout recommencer. J’ai suivi le programme Virage du Centre des femmes de Montréal, un programme spécialisé dans les métiers non traditionnels, et c’est là que j’ai découvert ma passion pour la soudure », explique-t-elle candidement.

Lorsqu’elle a annoncé sa décision de retourner sur les bancs d’école à ses proches, elle pouvait lire le scepticisme sur leur visage.

« Ma mère est éducatrice en garderie. Elle me disait le feu c’est dangereux, ce n’est pas un métier facile, tu es certaine de ton choix. Mais moi j’étais convaincue que c’est ce que je voulais. Je me suis lancée dans l’aventure. Depuis, je ne regrette pas mon choix et je suis très heureuse. »

Un univers masculin

Mme Sarraf est consciente qu’elle oeuvre dans un milieu traditionnellement masculin. Dans son cours, elle est la seule fille du groupe. Elle est entourée de 20 gars. La situation ne l’effraie pas, au contraire.

« J’ai toujours été plus près des garçons que des filles. Au début, on me taquinait gentiment. Au fil des semaines, il s’est créé une belle chimie dans le groupe et je fais partie à part entière de la gang. Je me sens très à l’aise. »

Quand elle parle de son futur travail, c’est avec une passion communicative. Elle est vraiment dans son élément. C’est cette passion qu’elle veut transmettre.

« Les femmes ne doivent pas hésiter à aller vers des métiers non traditionnels. Bien souvent, on se bloque nous-mêmes. C’est nous qui nous imposons des contraintes. Il faut passer par-dessus nos peurs et ne pas hésiter à aller de l’avant. »

Mme Sarraf poursuit sa formation, qui devrait prendre fin en avril 2014. Après, elle envisage de travailler quelques années, afin d’acquérir de l’expérience pour ensuite fonder sa propre entreprise spécialisée dans la fabrication d’objets de décoration intérieure et extérieure.

D’ici là, elle soude sa vie, une électrode à la fois!

Concours Chapeau les filles

Le concours Chapeau les filles a pour but de favoriser la diversification des choix de carrière des femmes en encourageant celles qui sortent des sentiers battus et optent pour des métiers traditionnellement masculins à persévérer jusqu’à l’obtention de leur diplôme.

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