Isabelle Bergeron/TC Media Près d'un an après le décès du petit Adam, 10 moi, à Anjou, l'incompréhension est toujours aussi vive pour sa mère.

Le 5 juillet 2015, la vie de Marta Rzepkowska bascule. Son fils de 10 mois est assassiné par son père qui s’enlève ensuite la vie. Cette tragédie est survenue après une longue période de violence psychologique à l’endroit des membres de la famille. Pourtant, dans les semaines précédant le drame, la mère a cherché de l’aide, mais sans succès.

«Mes amies et ma sœur ne comprenaient pas pourquoi je demeurais toujours auprès de cet homme. Mais j’avais peur de sa réaction. Il me disait régulièrement « tu vas avoir une belle surprise »…», raconte Mme Rzepkowska.

Craignant une escalade de la violence, elle décide d’entreprendre les démarches pour le quitter pour le bien de ses enfants.

En compagnie d’une travailleuse sociale du CLSC, elle joint la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

«C’était le 22 avril 2015. Ma mère et moi étions au CLSC avec une travailleuse sociale lorsque la DPJ a été contactée. Nous n’avons jamais eu de nouvelles de leur part», se souvient Veronica, la fille de Mme Rzepkowska.

Dans la documentation remise à TC Media par le CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal relativement aux signalements à la DPJ, il est mentionné que dès qu’un signalement est fait, celle-ci procède à une analyse sommaire de la situation et décide ou non de retenir le signalement.

La DPJ ne peut toutefois s’avancer sur les raisons ou les motifs ayant motivé sa décision dans ce cas précis, mais tout porte à croire que le signalement n’a pas été retenu.

Par la suite, Mme Rzepkowska se tourne du côté des policiers.

«J’ai reçu la visite des policiers trois jours avant les événements tragiques. Ils m’ont demandé si mon mari m’avait frappée. Comme ce n’est pas arrivé, ils m’ont dit qu’il était très rare qu’un homme qui n’était pas violent physiquement pose un geste violent, que je n’avais rien à craindre. Ils ne sont même pas entrés, ils sont demeurés sur le perron», déplore la mère de famille.

Elle a souhaité à plus d’une reprise que son mari la frappe, car elle estime qu’il aurait été plus facile pour les policiers d’intervenir.

La violence psychologique existe, mais nous avons les mains liées» -Caroline Cournoyer, commandant aux enquêtes Opération Est

Dans les cas de violence psychologique, les agents ont les mains liées.

«La violence psychologique n’est pas judiciarisée par le Code criminel. Nous ne pouvons que référer les victimes vers les organismes communautaires ou ressources disponibles», fait savoir Caroline Cournoyer, commandant aux enquêtes Opération Est.

Dans ce type de situation (violence psychologique familiale), le conjoint violent utilise des comportements répétés inappropriés pour instaurer un climat de peur, explique l’organisme SOS violence conjugale. Cela peut se traduire par des paroles blessantes, des menaces et du chantage.

L’organisme estime que les policiers sont de plus en plus sensibilisés à cette forme de violence pour intervenir de manière appropriée.

«Nous adaptons constamment nos pratiques et nous avons des agents spécialisés en violence conjugale intrafamiliale», ajoute Mme Cournoyer.

Dans le cas de Mme Rzepkowska, ce fut trop tard. Pour ne pas que cette situation se reproduise à d’autres femmes, la principale intéressée à l’intention de s’impliquer pour changer les choses.

Elle espère que son témoignage incitera les victimes de violence conjugale à ne pas hésiter à dénoncer rapidement avant que des gestes irréparables ne soient commis.

Ainsi, elle aura l’impression que la mort d’Adam n’aura pas été vaine.

 

 

 

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