Romain Schué/TC Media Armand Théorèt vit aux Tours Gouin depuis 25 ans.

Malgré leurs 105 ans et quelques soucis de vue ou d’audition, Laure Bruneau et Armand Théorèt affichent une forme étonnante. Résidents aux Tours Gouin de Montréal-Nord, un établissement pour aînés, les deux centenaires paraissent toujours épanouis.

Affichant une surprenante et rafraîchissante vitalité alors qu’ils viennent de fêter tous deux leurs 105 ans, les deux plus vieux résidents des Tours Gouin, qui accueillent près de 800 aînés dont cinq centenaires, n’en sont pas les moins dynamiques.

Laure Bruneau, la coquette
Avant de poser pour une photo, Laure Bruneau insiste: «je veux d’abord me faire coiffer», clame cette ancienne dessinatrice de mode et couturière, qui affirme se tenir toujours au fait des dernières tendances. «Mais j’ai un peu de mal pour lire les journaux», sourit l’intéressée, avant d’afficher son impatience suite au retard de sa coiffeuse.

Née le 6 septembre 1911, Laure Bruneau a écumé le continent nord-américain, principalement la côte est américaine et New-York, une ville pleine «de gens prétentieux», assure-t-elle.

En compagnie de l’une de ses quatre sœurs, elle confectionne différents linges, principalement des robes, qu’elle tente de vendre notamment sur la 5e Avenue. «Nous n’avions pas de livraison, on voyageait partout, on rencontrait toujours du monde. On s’occupait de tout», se souvient cette femme célibataire et sans enfant.

«J’ai travaillé avec assez d’hommes dans ma vie, pas la peine d’en épouser un», rajoute-elle, en riant.

Laure Bruneau est une passionnée de mode.

Laure Bruneau est une passionnée de mode.

Après quatre décennies passées dans les rues nord-montréalaises et une quinzaine d’années à vivre seule après le décès de la dernière de ses sœurs, Laure Bruneau a rejoint cette résidence pour aînés l’an passé.

«Je ne pensais pas vivre aussi longtemps. Je ne suis pas malade, j’ai seulement quelques bobos comme tout le monde. Parfois, le matin ce n’est pas facile mais je fais des exercices», précise-t-elle, avant de prendre sa marchette et d’ouvrir la porte de son appartement à sa coiffeuse.

Quelques minutes plus tard, coupe de cheveux et maquillage terminés, Laure Bruneau reprend son rouge à lèvres, avant de s’installer dans l’un de ses fauteuils. «J’aime rester belle», confesse-t-elle.

Armand Théorèt, l’autonome actiffete-105-monsieur-gateau-sept-2016
«J’ai seulement quelques petits problèmes de vue. Mes yeux sont malades et je ne vois que des ombres», sourit et dédramatise Armand Théorèt, du haut de ses 105 ans.

Alors qu’il s’appuie à une canne pour allumer les différentes lumières de son studio, le Nord-Montréalais tient à apporter une précision: «je marche tous les jours dans le corridor pour garder la forme. La canne, c’est uniquement pour une question de sécurité», certifie-t-il fièrement.

Né à Saint-Eugène en Ontario, Armand Théorèt a débuté comme vendeur, dans le magasin familial. «J’ai appris mon métier avec mon père. Mais il voulait que je fasse des études commerciales. Il m’a dit: « Si tu veux te lancer en affaires, il faut parler les deux langues ». J’ai donc pris des cours d’anglais», raconte-t-il.

Direction ensuite le Québec et la ville de Rigaud, dans l’ouest de Montréal. «J’étais vendeur en pharmacie sur la route», précise ce père de deux filles, marié pendant près de 80 ans, avant le décès de sa femme avec laquelle il résidait aux Tours Gouin.

Ancien membre du Comité d’âge d’or de l’établissement, heureux d’avoir «convaincu la direction d’installer un troisième terrain de pétanque car il y avait trop de monde qui attendait», Armand Théorèt compte rester actif.

«Je ne peux pas rester à rien faire. Il faut que je bouge. Avec moi, c’est grouille ou je meurs.»

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