Mario Beauregard-TC Media Les résidents doivent rentrer avant 23h le soir et ne peuvent pas, sauf exception, quitter les lieux le matin avant 7h30.

Nichée dans un quartier résidentiel de Montréal-Nord, la Maison Saint-Laurent accueille des anciens détenus depuis un demi-siècle. Première maison de transition au Québec, elle a ouvert ses portes aux visiteurs, le temps d’une journée, pour souligner ce jalon important.

Située rue Renoir, la Maison Saint-Laurent a pour mission de faciliter la réinsertion sociale d’hommes, adultes, en liberté conditionnelle. Elle peut héberger jusqu’à 33 résidents, de tous les âges et de toutes les provenances. Ici, les résidents ont surtout été reconnus coupables de trafic de stupéfiants. Mais certains ont commis des meurtres ou encore des agressions sexuelles.

Chaque année, depuis presque 10 ans, le taux de récidive des résidents durant leur passage à la Maison Saint-Laurent tourne autour de 4%.

Revivre en société
En proposant un logement, un repas et un accès à plusieurs commodités aux anciens détenus, elle leur permet de se consacrer pleinement à la recherche d’un travail ou à une reprise des études, pour reprendre progressivement une place dans la société.

Ici, le logement est gratuit. Seuls ceux qui ont un travail fixe versent un loyer qui équivaut à 20% de leur salaire net, jusqu’à un maximum de 40$ par semaine.

«L’objectif est de réhabituer les anciens détenus à prendre en compte qu’il faut payer un loyer et des factures. Cet argent permet de financer des activités de loisirs aux résidents, comme les sorties à la cabane à sucre», précise François Bérard, directeur général de Maisons de transition de Montréal inc.

«La Maison Saint-Laurent a créé une nouvelle dynamique par rapport aux autres maisons de transition». François Bérard, directeur général de Maisons de transition de Montréal

Méthode à succès
Contrairement aux maisons de transition traditionnelles qui offre des chambres et un espace commun à tous, la Maison Saint-Laurent propose des appartements comptant quatre chambres et une petite cuisine.
«La Maison Saint-Laurent a créé une nouvelle dynamique par rapport aux autres maisons de transition. Ici, quand il y a un problème, c’est plus localisé, les autres résidents sont moins touchés. Il y a aussi plus d’intimité», explique François Bérard.

Programmes et ateliers
En plus de pouvoir suivre des cours pour refaire leur CV, se familiariser avec l’outil informatique ou apprendre à gérer leur stress, les résidents peuvent prendre part à des programmes de réflexion.

Ainsi, aux deux semaines, les intervenants de la Maison Saint-Laurent les invitent à participer à un atelier sur la réconciliation. Ensemble, les ex-détenus doivent réfléchir sur les conséquences de la délinquance sur eux-mêmes, leurs proches, les victimes et la société en général.

«Les interventions auprès des résidents sont adaptées en fonction du type de délit. Le fait qu’on les suive au quotidien permet de voir si la personne a atteint ses objectifs. Son comportement dans la Maison permet aussi de voir où elle en est, s’il y a un risque de récidive ou non», détaille Nancy Chevalier, intervenante communautaire.
Les résidents restent généralement près de quatre mois dans la Maison Saint-Laurent avant de retrouver leur totale liberté.

Un peu d’histoire
-L’organisme communautaire Maisons de transition de Montréal inc. est fondé en 1965. Il ouvre sa première maison de transition le 1er mars 1967. À l’époque, la Maison Saint-Laurent est située au centre-ville de Montréal, au 1056 de la rue Mackay.
-Le 20 août 1980, la Maison Saint-Laurent déménage à Montréal-Nord, au 6060 rue Renoir.
-L’Agence sociale Saint-Laurent est créée deux ans plus tard. Elle propose un programme de soutien et d’encadrement, cette fois-ci en milieu ouvert, pour différents contrevenants de la région de Montréal.

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