Gracieuseté L'intérieur du conteneur que Maryse Mainville à aménager à kahnawake.

Une designer d’intérieur de Montréal-Nord caresse le doux rêve de bâtir un village autosuffisant en recyclant d’anciens conteneurs maritimes.

Depuis 3 ans, Maryse Mainville n’a qu’une idée en tête : démocratiser son concept de conteneurs habitables pour offrir des logements écologiques à prix abordable.

«Les conteneurs en fin de vie sont souvent abandonnés dans des hangars, jeter aux décharges ou même directement à la mer. Rien qu’en Amérique du Nord et au Mexique, on parle de 17 millions de conteneurs qui pourraient facilement être nettoyés et désinfectés pour devenir des habitations», affirme Mme Mainville.

Une entreprise en devenir     

Mme Mainville a installé le siège de son entreprise M.Construk.Ner à son domicile, sur la rue Allard, mais c’est à des milliers de kilomètres de Montréal-Nord que l’idée de transformer des tas de ferraille en logements a germé dans la tête de la designer d’intérieur.

«J’ai vécu un an dans les Caraïbes en 2007, partage-t-elle, là-bas, on logeait certains travailleurs dans des conteneurs faute d’hébergements disponibles.»

Dès son retour à Montréal, elle reprend des études pour révolutionner ce concept et l’étendre à une tout autre échelle. Au fil des mois, elle peaufine son projet jusqu’à proposer les Habitats écologiques de l’Est, deux  immeubles de 3 étages et 7 étages avec 54 unités de logements autosuffisants à prix abordables.

«Si on peut empiler les conteneurs sur un bateau, on peut aussi le faire sur la terre ferme sans aucun problème», garantit celle qui a récemment gagné le coup de cœur du jury de L’Est innove avec ce projet.

Pour Mme Mainville, il est aussi facile de travailler avec des conteneurs que de jouer avec des Légo. «On peut les moduler comme on veut, et les transformer également en garderie, en centre communautaire, en espaces de bureau, voire même en épicerie pour créer un petit village où il fait bon vivre autour du concept d’habitation», ajoute-t-elle.

Économique, écologique et rapide

De la peinture écologique, au béton tertiaire utilisé pour les planchers, en passant par le système d’isolation à base de soja, Mme Mainville entend réduire au maximum l’empreinte écologique des futurs logements.

«Ailleurs dans le monde ça fait un bout de temps que cela existe, mais au Québec ce genre de projet se compte sur les doigts de la main», Maryse Mainville.

Pour se faire, chaque unité sera dotée d’un système de récupération des eaux de pluie et des toits solaires et/ou recouverts de végétaux comestibles.

«Les toits végétalisés coupent les besoins en air conditionné de 75%», garantit-elle.

Les Habitats écologiques de l’Est seraient également dotés piscines naturelles composées de deux conteneurs éventrés. «Comme un lac, la piscine deviendrait une patinoire en hiver», précise Mme Mainville.

Tout le travail de restauration des conteneurs maritimes est effectué à l’usine de M.Construk.Ner en collaboration avec l’entreprise Green Summit à Kahnawake, «qui fait un travail remarquable avec l’acier».

«Le montage des conteneurs habitables sur le terrain ne prend que 4 à 6 semaines contre plusieurs mois pour la construction de logement traditionnel », assure Mme Mainville qui estime qu’une unité de 1000 pi2 avec balcon se vendra à 156 000 $.

«On parle d’une économie de 30 à 50% en comparaison au prix des logements traditionnels de même taille», calcule-t-elle.

Mme Mainville est convaincue que ses «habitations low-cost» seraient un atout pour offrir des logements abordables dans des secteurs comme Montréal-Nord. «Mais l’arrondissement m’a dit qu’il n’avait plus de terrain vacant.»

Qu’à cela ne tienne, Mme Mainville vient de terminer son premier prototype de conteneur habitable et le résultat est bluffant tant sur le plan architectural qu’esthétique.

«Les portes s’ouvrent tranquillement pas vite, termine Mme Mainville, la prochaine étape est d’aller chercher des subventions auprès du gouvernement.»

S’il est accepté, le projet de village permanent en conteneurs maritimes serait le premier à être développé à une telle ampleur au Canada.

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