Photo Gracieuseté Sortie à La Ronde organisée avec des familles participant au jumelage.

Plus répandu dans les années 80-90, le jumelage interculturel connait un regain de popularité, comme en témoigne un des nouveaux projets du Centre d’action bénévole de Montréal-Nord qui met en relation les nouveaux arrivants avec des personnes déjà installées au Québec.

«Il faut trouver des moyens d’accélérer les contacts et les rencontres. Plus les gens se côtoient, plus les différentes craintes s’estompent». Cette phrase de Gérard Bouchard qui figure sur la première page du «Guide des Jumelés» du CAB donne tout de suite le LA de ce récent projet encadré par Sabrina Corriveau-Maheu.

Engagée en octobre dernier pour mettre sur pied jumelage interculturel du CAB, elle a «travaillé fort» au cours des derniers mois pour que les premiers jumeaux puissent voir le jour.

«Ce projet est né d’une volonté d’aller au-delà des rencontres interculturelles que l’on organisait déjà, il manquait quelque chose pour créer un lien plus durable entre certains immigrants et la société d’accueil», partage l’agente de liaison pour le projet de jumelage interculturel.

 

Jumeaux en gestation

Déjà 40 familles ont manifesté de l’intérêt à participer à ce projet, tandis que 4 jumeaux sont sur le point de commencer leurs rencontres dans les prochaines semaines.

«On a vraiment de tous les profils», explique Sabrina Corriveau-Maheu qui rencontre individuellement chaque personne intéressée pour déterminer leur profil et leurs attentes respectives.

Ainsi une dame âgée québécoise qui «voulait faire une réelle différence dans la vie de quelqu’un» a été jumelée avec une mère haïtienne en situation de précarité. Une Péruvienne arrivée à Montréal il y a 8 ans qui voulait «donner au suivant» a été mise en contact avec une Algérienne qui cherchait juste quelqu’un avec qui discuter.

«Ce n’est pas toujours facile en tant que nouvel  arrivant de rencontrer des gens en qui tu as confiance. Et pour les jumeaux d’accueil, on ne sait pas toujours comment aller vers l’autre surtout si on n’est pas habitué à la différence culturelle», note Sabrina Corriveau-Maheu.

D’autres cherchent comme une seconde famille, en particulier une figure qui joue le rôle de grands-parents pour leurs enfants, comme cette autre mère d’origine algérienne qui a été jumelée avec une retraitée québécoise.

«C’est un échange interculturel certain, mais au CAB nos jumelages prennent aussi la forme d’échange intergénérationnel pour les personnes qui le souhaitent», ajoute Mme Corriveau-Maheu.

 

À double sens

Intégration. Sortir de l’isolement. Élargir un réseau social. Découvrir d’autres cultures. Apprentissage linguistique. Développer une relation amicale, etc. Les apports du jumelage interculturel sont multiples, tant pour les jumeaux d’accueil que pour les jumeaux arrivants.

Qu’ils décident de se voir autour d’un thé, de faire des randonnées ou de discuter, chaque duo interculturel détermine pendant leur première rencontre la forme que prendra leur jumelage.

«Moi j’offre le cadre sécuritaire pour permettre à deux inconnus qui s’engagent à se voir régulièrement [2 heures par semaine en moyenne] de faire ce qu’ils veulent», confirme Mme Corriveau-Maheu en insistant bien sur le fait que le tout repose sur une relation égalitaire.

«Je n’ai jamais considéré que je faisais de la charité en étant jumelé avec Samuel et sa famille», le rejoint Philippe, un Québécois qui fait du jumelage avec une famille originaire du Zimbabwe. «Je les ai aidés à s’intégrer et à comprendre mon pays, je les ai  aussi accueillis pendant les fêtes. On est en fait rendu plus ami qu’autre chose», assure-t-il.

Selon la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, près de 25 organismes communautaires offrent des programmes de jumelage interculturel. Celui proposé par le CAB a été rendu possible grâce à une subvention d’Entente MIDI-Ville.


 

Intéressé(e)s?

Sabrina Corriveau-Maheu se fera un plaisir de vous donner plus d’information sur le jumelage interculturel. Elle est joignable à son bureau situé au 4642, rue Forest, au 514-328-1114, poste 109.

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