Deposit photos En 2016 et 2017, 789 plaintes pour violences conjugales ont été déposées auprès du SPVM de Montréal-Nord. Dans près de huit cas sur dix, les victimes étaient des femmes.

Montréal-Nord connait le plus haut taux de violences conjugales de Montréal. Halte-Femmes, l’un des seuls organismes de l’arrondissement œuvrant contre ce fléau, organise une journée de sensibilisation vendredi prochain.

Selon les chiffres du SPVM, Montréal-Nord recensait 465 plaintes pour des cas de violence conjugale en 2017, tandis que le reste de l’île en dénombrait en moyenne 155 la même année.

«C’est bien plus élevé que tout le reste de Montréal, souligne Sophie Lemay, directrice de l’organisme Halte-Femmes. Et cela ne concerne que les personnes qui osent venir déposer une plainte. Beaucoup sont trop effrayées pour le faire, par peur des représailles du conjoint, où par simple crainte qu’on ne les croit pas.»

Selon les premiers chiffres d’une enquête menée par l’organisme Trajetvi, la proportion des femmes victimes de violence conjugales serait 1,8 fois plus importante à Montréal-Nord (6,2%) que pour le reste de l’île (3,5%).

«Le phénomène est difficile à expliquer, affirme Sophie Lemay. Montréal-Nord est certes un arrondissement plus sujet à la  pauvreté que les autres, mais aucune excuse ne peut justifier de la violence faite aux femmes.»

Pour sensibiliser les citoyens sur le triste constat, Halte-Femme organise vendredi 30 novembre une journée ouverte au public pour parler des violences conjugales.

«C’est une journée ouverte à tout le monde, car nous voulons sensibiliser le plus grand nombre, explique Funmilayo Sonnus, intervenante à l’accueil chez Haltes-Femmes. La journée a pour but d’amener de l’information à des personnes qui parfois n’y ont pas accès et ne savent pas quelles démarches entreprendre dans le cas où elle se retrouverait face une situation de conjoint violent.»

«La lutte contre la violence conjugale est devenue une priorité à Montréal-Nord» – Funmilayo Sonnus, intervenante à l’accueil chez Halte-Femmes

Un manque de ressources dans l’arrondissement ?
Malgré des chiffres inquiétants, sur les 99 organismes officiellement reconnus par l’arrondissement, seul Halte-Femmes offre une priorité à la lutte des violences faites aux femmes.

«Nous sommes le seul organisme à intervenir directement auprès des femmes, affirme Sophie Lemay. Les autres offrent souvent un volet d’accompagnement, mais ne sont pas directement spécialisés et impliqués sur la question.»

Du côté de l’arrondissement, on explique néanmoins être conscient de la problématique.

«Bien sûr, nous y attachons un intérêt très important, et nous soutenons toutes les initiatives en la matière, affirme Abdelhaq Sari, conseiller de la Ville pour le district Marie-Clarac. Je pense toutefois qu’il est préférable d’encourager des projets concrets plutôt que de s’attarder sur la question du nombre d’organismes.»

Des initiatives semblent en outre se développer ces dernières années sur le territoire. En 2017 naissait officiellement la Table Osez au féminin, un regroupement de plusieurs organismes de Montréal-Nord.

«Nous avons mandaté TrajetVi pour établir un portrait de la violence conjugale et de la violence dans les relations amoureuses des jeunes de l’arrondissement, explique Nancy Wiseman, agent sociocommunautaire du PDQ 39. Cette étude déterminera également si l’offre de service en la matière à Montréal-Nord est suffisante ou non.»

Pour Sophie Lemay, ces initiatives sont la preuve que les mentalités sont en train de changer.

«La violence conjugale a longtemps été un sujet tabou, affirme la directrice d’Halte-Femmes. Nous organisons cette journée de sensibilisation depuis une dizaine d’années, mais c’est la première fois qu’on l’on en parle autant. La prise de conscience a été tardive.»

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