Les familles établies depuis un certain temps dans la paroisse, comme les Sicard, Delorme, Cayet, Lorain, Thilly, ont toutes des maisons de pierres avec hangar, écurie, étable, cour, jardin. Les familles pionnières ont commencé par posséder et cultiver une ferme pour ensuite la laisser à leur aîné et venir s’établir au village. Une autre partie de ces villageois a désiré s’établir au village à cause de la proximité des moulins ou y travailler comme charpentier, menuisier ou forgeron.

En 1781, un dénommé Louis Johannis possédait une boutique de forge, en plus d’une écurie et d’une étable. La famille du laitier Dagenais avait un terrain clos en pierre, une maison et une laiterie en pierre, une écurie, une étable, un hangar, une cour et un jardin.

Les autres villageois qui ne possèdent qu’une maison en bois, une cour et un jardin, doivent une rente en argent aux seigneurs, puisqu’ils ne vivent pas de la culture de la terre. Les fermiers de la côte du Sault et de la côte Saint-Michel se rendent aux moulins parce qu’ils sont obligés d’y faire moudre leur grain, en versant aux seigneurs une fraction du grain moulu. Les taxes et les obligations étaient également le lot de nos ancêtres.

Les Dagenais Entre 1736 et 1970, on compte pas moins de 218 mariages unissant un homme ou une femme de ce nom dans les registres paroissiaux. Les Dagenais descendent de Pierre Dagenais et Anne Brandon, qui se sont mariés, à Montréal, le 17 novembre 1665. C’est leur fils, Pierre Dagenais (1672-1749), uni à Marie Drouet en 1695, qui s’établit dans la partie nord de la côte Saint-Michel, dès le 15 septembre 1702. Défricheur, cultivateur, il est aussi un des engagés de Messieurs les Associés de la mer de l’Ouest. Il reçoit le titre de capitaine de milice en 1729. Laurent Dagenais (1713-1785) est également voyageur. De 1731 à 1762, il signe au moins dix contrats d’engagement pour l’Ouest et la région des Grands Lacs. Il transporte, à l’aide de grands canots, des marchandises et des pelleteries destinées au poste de traite et aux forts éloignés dans les pays d’En-Haut. Au recensement de 1781, au moins six Dagenais possèdent des terres dans la paroisse, Jean-Baptiste Dagenais, qui fut passeur de bac entre 1832 et 1834, demeurait au Sault. Un des fils de François Dagenais, Thomas, sera ordonné prêtre au Sault-au-Récollet par Monseigneur Ignace Bourget, le 18 décembre 1858. Son petit-fils, Roch Dagenais, sera élu commissaire de la municipalité scolaire de Saint-Charles-du-Bas-du-Sault, en 1913, et un des fils de Roch, Bernard Dagenais, fut longtemps à la tête de Pigeon Marine.

Les Brignon-Lapierre  Au même titre que Pierre Dagenais fils, et Louis  Pigeon, installés là en 1702 et 1705, les Brignon-Lapierre figurent parmi les premiers habitants qui feront souche à Montréal-Nord. Jean-Baptiste Brignon s’établit à la côte Saint-Michel en 1708. Il épouse, en 1710, Anne-Charlotte Prévost à Notre-Dame-de-Montréal. L’union de leur fille, Marie-Isabelle, et de Laurent Dagenais, le 5 novembre 1736, constitue le quatrième mariage inscrit sur les registres de la paroisse de la Visitation. De 1814 à 1912, les Brignon-Lapierre habiteront la maison située au 4251, boulevard Gouin Est.

Luc Brignon-Lapierre s’est intéressé aux affaires publiques. Il prend part, le 11 juin 1832, à l’assemblée des chefs de famille de l’arrondissement scolaire de la côte du Sault, pour y élire les syndics. On le retrouve, en octobre 1837, à une réunion du Comité central et permanent des Patriotes du comté de Montréal. En 1846, il est marguillier responsable de la Visitation.

Son neveu, Ambroise Brignon-Lapierre, sera emprisonné pour avoir pris les armes, avec le docteur Jean-Olivier Chénier, à Saint-Eustache. Né au Sault-au-Récollet, où il avait épousé Judith Dagenais, le 26 février 1816, il s’était établi à Saint-Eustache pour y cultiver la terre. Après la Rébellion, il sera aubergiste dans cette localité. La tradition politique des Brignon se poursuit avec le petit-neveu de Luc Brignon-Lapierre, Joseph, qui sera maire de la paroisse, de 1887 à 1889.

Les Guilbault   Au X1Xe siècle, les Guilbault ne se comptent plus dans le Bas-du-Sault. Sept Guilbault possédaient des terres dans la paroisse, toutes situées dans la partie nord-est. Vers 1816, Jean-Baptiste Guilbault se construira une maison de pierres et Laurent Guilbault fera bâtir la sienne tout près. Elles existent toujours et portent respectivement les numéros 4065 et 4525 du boulevard Gouin Est, à Montréal-Nord. Sept Guilbault furent marguillers. Laurent Guilbault sera conseiller municipal, de 1858 à 1860. En 1873, son fils, Joseph Guilbault, remplacera François-Xavier Pigeon comme inspecteur de la voirie. Enfin, Alfred Guilbault sera élu conseiller municipal de la paroisse au début du XXe siècle.

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