On n’a pas fini de mesurer l’ampleur de l’ouragan Sandy. Pas seulement au niveau économique mais d’abord en perte de vies, de demeures dévastées, de terres ravagées, de familles déracinées. Pas seulement chez nos voisins du Sud, même si pour les grandes chaînes de télévision, on n’en avait que pour New-York et la côte Est américaine. J’ai entrevu un court reportage sur Haïti, plein de compassion et de fatalisme : 70 % des cultures du Sud du pays et au moins 52 personnes sont parties avec Sandy. Un détail…

Ici, nous en avons à peine ressenti les quelques relents sous forme de vents supérieurs à la normale et de pluie. Pas de quoi s’émouvoir. Pour cela, nous savons faire. Nous savons comment créer nos propres ouragans. Il s’appelle Charbonneau, un nom bien de chez nous pour une réalité bien à nous.

Il vient d’emporter avec lui le maire de Montréal. Son fauteuil est encore chaud qu’on nous annonce déjà le départ du maire de notre ville voisine, Laval. En une semaine, les maires de la première et de la troisième ville du Québec balayés par la tempête.

Au retour des vacances, en septembre, j’écrivais dans ma première chronique au Guide de Montréal-Nord : Je n’avais pas prévu la tourmente du « printemps érable », les élections estivales ni la présence de Jennifer Abel au coeur d’une fête citoyenne. Ce retour à la normale qui vient avec la fin de l’été ne sera-t-il pas plutôt un retour à l’anormal ? Au cas où, je vais me préparer à un automne pas comme les autres.

Ce n’est pas un automne comme les autres. Et j’ai maintenant la certitude que rien ne sera plus comme avant. Car, le sensationnalisme et l’horreur des faits avancés, parfois avec désinvolture, voire cynisme, s’ils provoquent colère et ressentiment laisseront des cicatrices profondes et durables sur notre vie quotidienne. Sur notre capacité collective d’établir des rapports d’ouverture, de confiance et de solidarité.

J’étais au local de l’Accorderie de Montréal-Nord cette semaine, quand j’ai croisé quelques citoyens venus chercher leur commande au groupe d’achat. Une discussion s’est engagée autour d’un sac de plastique fourni gratuitement ou non pour emporter les achats. Un sac estimé à 5 cents. Sur le ton de l’humour, les gens se sont mis à négocier des enveloppes imaginaires, mimant consciemment ce que personne ne nommait.

Sur le coup, j’ai souri. Après j’ai réfléchi. Et j’ai ri jaune. Est-ce que j’ai assisté à une scène de résistance ou de résignation ? Au cas où, j’irai vérifier car je n’aurai pas le droit de dire que je ne savais pas.

Patrice Rodriguez

coordination@parole-dexclues.ca

08 novembre 2012

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