Quand Suzanne Huberdeau a décidé de se lancer dans l’aventure d’offrir des cours de réanimation cardio-respiratoire (RCR) aux élèves de l’école privée Marie-Clarac, elle avait pour objectif de s’assurer que chacune d’entre elles sorte de l’établissement « prête à attaquer la vie ». Attaquer, mais aussi savoir rendre coup pour coup, car l’enseignante d’éducation physique s’était aussi assurée bien avant que ses élèves reçoivent des cours d’auto-défense. Le souvenir de la disparition de Julie Surprenant, à qui elle a enseigné, n’est pas étranger à ces initiatives.

Pour les cours de RCR, Mme Huberdeau s’est associée au programme « Héros en trente minutes chrono », mis sur pied par le ministère de la Santé et des Services sociaux en collaboration avec la Fondation des maladies du cœur du Québec et la Corporation d’Urgences-santé. Il s’agit d’une courte formation visant à enseigner une version simplifiée de la RCR en utilisant seulement le massage cardiaque, sans ventilation « bouche à bouche ». Plus de 4000 instructeurs ont été certifiés et sont en mesure de fournir cette formation, dont Mme Huberdeau.

Depuis l’an passé, ce sont plus de 290 élèves de l’école Marie-Clarac qui ont appris à sauver des vies dans le cadre de leurs cours d’éducation physique. L’an prochain, Mme Huberdeau aimerait que toutes les élèves de l’école, soit près de 500, soient formées. Et qu’elles participent aussi à un « massothon » visant à amasser des fonds pour financer la recherche sur les maladies du cœur. « Je sens que c’est une obligation morale de leur transmettre ces connaissances afin qu’elles sortent d’ici prêtes à attaquer la vie », explique-t-elle.

Autodéfense

Sauver des vies au moyen d’un massage cardiaque ou en intervenant lors d’un étouffement, oui, mais aussi sauver sa propre vie en cas d’agression, s’est dit Mme Huberdeau. Dans ce cas, celui des cours d’autodéfense offerts aux étudiantes de l’école depuis plusieurs années, c’est la disparition de Julie Surprenant, en 1999, laquelle a été sous l’aile de l’enseignante avant ces événements tragiques, qui a amené la femme à embaucher un policier qui vient former les jeunes de secondaire cinq et, depuis cette année, celles de secondaire quatre.

Elles apprennent, dans le cadre de six cours de 75 minutes, où sont les points sensibles, où frapper, comment se dégager et à utiliser la force de l’autre à défaut d’être plus fortes que lui. On leur donne aussi des devoirs de réflexion et on les met face à des mises en situation pour lesquelles elles doivent proposer des solutions.

« Dans un cas comme dans l’autre, les cours de RCR ou ceux d’autodéfense, il est question de sauvegarde de la vie humaine », conclut Mme Huberdeau.

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