Claude Giguère Sylvie Charbonneau et Sophie Lemay, respectivement coordonnatrice et agente de liaison d'Halte Femmes Montréal-Nord, Rita de Santis, députée libérale de Bourassa-Sauvé, Denise Landry, Marie-Josée Desrochers et Dominic Maître, respectivement directrice générale, coordonnatrice et agent de financement de la Fondation de la Visite.  
Une délégation de représentants d’organismes communautaires nord montréalais est allée à la rencontre de la députée de Bourassa-Sauvé, Rita de Santis, la semaine dernière, afin de lui remettre une pétition demandant un meilleur soutien pour les groupes autonomes en santé et services sociaux actifs dans le quartier et partout au Québec.

Cette opération fait partie d’une plus grande offensive organisée à l’échelle du Québec et dans le cadre de laquelle les députés des 125 circonscriptions recevront la visite de représentants d’organismes communautaires et autant de pétitions dans les semaines à venir. Celles-ci exigent deux choses en particulier. Premièrement, un plan national de rehaussement du soutien à la mission des organismes communautaires autonomes en santé et services sociaux, afin qu’ils puissent réaliser pleinement leur mission.

Deuxièmement, on demande que ce plan permette de combler, dès le budget 2013-2014, l’écart annuel de 225 M$ entre les besoins des 3000 organismes recensés dans ce secteur et le financement reçu du Programme de soutien aux organismes communautaires. À Montréal-Nord seulement, près de 500 personnes ont signé cette pétition.

Ceux-ci mettent de l’avant que le travail des organismes communautaires est essentiel pour le mieux-être de la population, notamment pour les personnes en situation de précarité, d’isolement ou de fragilité, que la situation économique et le manque de services publics augmentent la demande auprès de groupes qui manquent de ressource pour y répondre et que, mieux outillés, ces derniers, grâce à leur action préventive, permettent à la société d’économiser au chapitre des frais engendrés par les problèmes sociaux et de santé.

Travailler pour les pauvres et finir pauvre…

Rapidement, lors de la rencontre avec la députée, la discussion s’est tournée vers le sous-financement des organismes communautaires et, donc, les conditions avec lesquelles leurs travailleurs doivent composer. « Il est difficile de maintenir nos compétences et notre expertise. On lutte contre la pauvreté et la précarité, mais à leur retraite, nos travailleurs n’ont pas de protection et ils tombent à leur tour dans la pauvreté », s’est désolée Sylvie Charbonneau, d’Halte-Femmes Montréal-Nord, qui vient en aide aux femmes en difficultés.

« On nous dit de couper dans notre personnel et dans nos services, mais on ne veut pas, ce n’est pas possible », a poursuivi Denise Landry, de la Fondation de la Visite, un organisme qui offre des visites à domicile et du soutien aux nouveaux parents en situation de précarité. « Nous essayons bien de trouver aussi du financement dans le secteur privé, mais ce n’est pas facile », a précisé Mme Landry, avant de dire souhaiter le retour au pouvoir d’un gouvernement péquiste majoritaire parce que ce parti a toujours été plus sensible aux besoins des groupes communautaires, selon elle.

« Je vous rappelle que vous parlez à une députée de l’opposition », a répondu Rita de Santis, soulignant aussi qu’elle n’est qu’en poste que depuis le début de septembre dernier. Cela ne l’aurait pas empêchée de remarquer que « très souvent, les organismes de notre comté ne reçoivent pas leur part » et de se montrer ouverte à en apprendre plus sur la répartition des budgets alloués aux organismes communautaires, question de savoir si Montréal-Nord ne serait pas l’objet de « discrimination ».

Mme de Santis a promis d’être la porteuse du message de cette délégation et de déposer sa pétition à l’Assemblée nationale – une première pour elle —, tout en poursuivant sa réflexion sur les lacunes dans les services gouvernementaux, lacunes auxquelles des milliers d’organismes communautaires tentent de trouver des solutions.

 

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