(Photo: archives) Fredy Villanueva, décédé en août 2008.
Le Commissaire à la déontologie policière a récemment retiré les accusations qui pensaient contre huit policiers impliqués dans les événements entourant la mort de Fredy Villanueva, abattu par l’agent Jean-Loup Lapointe, le 9 août 2008 à Montréal-Nord.

«Le nouveau commissaire a décidé de tirer la plug! C’est une bonne nouvelle pour les policiers qui voudraient bâcler leurs enquêtes sur les policiers qui ont tués ou blessés gravement un civil», estime Alexandre Popovic, à l’origine de ces plaintes.

Ce porte-parole de la Coalition contre la répression et les abus policiers s’est dit surpris par cette volte-face. «Je ne sais pas comment l’enquêteur au dossier a vécu ça. Il a travaillé comme un fou. Je trouve ça extrêmement frustrant. Ce n’est rien pour donner confiance envers les policiers.»

Injustice dénoncée

À la suite du décès de Fredy Villanueva, M. Popovic a formulé une plainte en déontologie policière contre les policiers qui sont intervenus après l’altercation mortelle. Celui-ci explique avoir relevé au moins dix manquements aux procédures policières, dont celui de ne pas avoir séparé les témoins policiers, alors que ceux civils l’avaient été.

M. Popovic déplore également que l’arme utilisée pour tirer sur le jeune de 18 ans n’ait pas été immédiatement confisquée à l’agent Lapointe.

Après avoir mené son enquête, le commissaire à la déontologie policière a déposé deux plaintes contre des policiers, le 30 juillet 2013.

La première impliquait les policiers Roger Jr Bélair, René Bellemare, Sylvain Champagne, Roxane Pitre et Clément Rose du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ainsi que Bruno Duchesne et Marcel Lagacé de la Sûreté du Québec.

Ceux-ci n’auraient pas pris «les mesures nécessaires quant au traitement des policiers impliqués directement dans l’événement ayant mené au décès de Fredy Villanueva», peut-on lire dans la citation.

En plus de cette accusation, les agents Pitre, Rose, Duchesne, Lagacé et Claude Marchand avait reçu une seconde citation «quant à la prise en charge des témoins civils de l’événement».

Après réévaluation, le commissaire nouvellement nommé a toutefois retiré ces deux plaintes, le 3 octobre 2014.

Lors d’une audience tenue le 22 octobre, la procureure du commissaire aurait soutenu que «ce dernier a conclu qu’il lui serait impossible de se décharger de son fardeau de preuve, soit de présenter à l’égard de chacun des policiers cités une preuve claire et convaincante de la commission d’une faute caractérisée, et ce, au regard de chaque chef des deux citations», peut-on lire dans la décision.

M. Popovic n’envisage toutefois pas d’autres procédures contre les huit policiers. Il presse toutefois la ministre de la Sécurité publique de former un bureau d’enquête indépendant sur la police.

«Nous voulons du vrai changement, pas seulement un bureau qui reproduira le modèle actuel où des policiers enquêtent sur des policiers. Ça fait 20 ans que plusieurs organismes, dont la ligue des Noirs et la ligue des droits et libertés, militent pour cela», conclut-il.

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