Photo Jean-Marc Gilbert/TC Media Will Prosper, de l'organisme Montréal-Nord Républik

Malgré les événements qui ont mené à la mort du jeune Fredy Villanueva dans un parc de Montréal-Nord, en août 2008, et tout ce qui en a découlé, le profilage racial est toujours présent, croit Will Prosper, de l’organisme Montréal-Nord Républik.

M. Prosper était l’invité du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN), mercredi soir, pour prononcer une conférence sur «la place des Noir(e)s en Amérique du Nord», à laquelle quelques dizaines de personnes ont assisté.

Statistiques
Le conférencier a cité des chiffres parus dans un rapport du Service de police de la Ville de Montréal, dans lequel on apprenait que Montréal-Nord est l’un des secteurs où les noirs sont le plus souvent interpellés, par rapport au pourcentage de la population noire.

À Montréal-Nord, 52% des gens interpellés étaient noirs, même s’ils ne représentaient que 17% de la population.

Bien que ces chiffres datent de 2006-2007, rien ne semble avoir réellement changé, à son avis.

«Je reçois toutes les semaines des témoignages de plusieurs noirs qui se disent victimes de profilage racial de la police. Je ne peux pas parler pour tous les jeunes de Montréal-Nord et je n’ai pas de statistiques, mais je ne ressens pas de changement», dit-il.

Mesures de la police
Le Service de police de la Ville de Montréal a pourtant mis plusieurs mesures en place pour tenter de se rapprocher de la communauté.

À Montréal-Nord, par exemple, Rose-Andrée Hubbard a été embauchée à titre de conseillère en développement communautaire. Si ce poste était à contrat au départ, elle est devenue, au fil des ans, une employée régulière à temps plein de la Ville de Montréal.

Son rôle est de tisser les liens avec la communauté noire et travailler sur les causes amenant le profilage racial.

Même si rien n’est parfait, elle assure que l’organisation a la volonté d’éradiquer la problématique de profilage racial.

Un ensemble de raisons
Selon Will Prosper, plusieurs raisons expliquent ce «sentiment d’injustice profond» que vivent les noirs, qu’ils habitent à Montréal-Nord, ou ailleurs en Amérique du Nord.

D’abord, les noirs n’occupent pas suffisamment de postes de pouvoir dans la société, croit M. Prosper.

«Les noirs sont absents de la majorité des postes décisionnels. Il en faudrait plus, question de rendre la société plus juste», clame-t-il.

Un autre facteur qui ne favorise pas le changement est l’inégalité des chances de décrocher un emploi. Toujours selon les informations de M. Prosper à ce sujet, un blanc qui ne finit pas son secondaire 5 a tout de même plus de chance de se trouver un emploi qu’un noir qui détient un diplôme universitaire.

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