Photo TC Media - Isabelle Bergeron Miville Boudreault aimerait parler au ministre pour savoir ce qu'il a à proposer en matière de réussite éducative.

Abolition des élections scolaires, refonte possible de la gouvernance et changements envisagés dans la gestion des taxes scolaires: le président de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPÎ), Miville Boudreault, croit que le ministre de l’Éducation, François Blais, doit cesser de s’attaquer à la structure, mais plutôt proposer des solutions pour favoriser la réussite scolaire et contrer le décrochage.

En ce qui concerne l’abolition des élections scolaires dans leur forme actuelle, M. Boudreault ne croit pas que les commissaires, élus de façon démocratique, doivent écoper en raison du taux de participation anémique lors des derniers scrutins scolaires.

«Nous aurions préféré un taux de participation plus élevé, mais la faute n’incombe pas à nous. Les commissaires sont légitimes pour occuper leurs fonctions», estime le président de la CSPÎ.

Le ministre Blais aurait aussi l’intention de mettre sur pied des conseils scolaires, une proposition jugée «incongrue» par la CSPÎ.

Par ailleurs, en ce qui concerne la taxation, que Québec envisagerait de confier aux municipalités, M. Boudreault tient à rappeler que le Conseil de gestion de la taxe scolaire de l’Île de Montréal joue déjà ce rôle dans la métropole.

Selon un communiqué de presse émis par ce conseil, les Montréalais payeront environ 100 M$ de plus si «le gouvernement opte pour un taux de taxe scolaire unique au Québec.»

Un ministre difficile à rencontrer
Le président de la CSPÎ aimerait bien rencontrer le ministre Blais pour lui parler d’autres choses que des changements de structure, mais il semble plutôt difficile d’obtenir une rencontre avec lui.

«Le ministre ne parle pas à personne, déplore M. Boudreault. Qu’il nous propose quelque chose de concret, comme des solutions à la réussite éducative et au décrochage scolaire. On parle aussi de radicalisation en ce moment. Qu’est-ce que le ministre propose à ce sujet?»

Le ministre réplique
Le ministre Blais est en désaccord avec ce qu’avance M. Boudreault. «En améliorant l’efficience des commissions scolaires, nous pourrons nous assurer que les ressources soient mieux orientées vers les besoins des élèves», explique Julie White, l’attachée du ministre, dans un courriel.

«La persévérance et la réussite scolaire constituent une priorité gouvernementale et, dans cette perspective, nous travaillons actuellement à l’élaboration de la première politique gouvernementale en la matière», ajoute-t-elle.

En ce qui concerne une possibilité de rencontre avec la CSPÎ, Mme White rétorque «qu’il n’y a eu aucune demande officielle» formulée en ce sens.

Pourquoi les gens ne votent pas?

Un commissaire de Montréal-Nord ainsi qu’un président d’un conseil d’établissement ont de la difficulté à comprendre pourquoi la population ne se déplace pas lors des élections scolaires.

Antonio George Urlea, un jeune commissaire de 25 ans, s’est fait élire pour son premier mandat, le 2 novembre dernier. Il aurait aimé voir plus de gens se présenter aux urnes, mais croit tout de même que son mandat est légitime.

«Que le taux de vote soit de 5 % ou de 95 %, je crois que les gens qui ne vont pas voter acceptent le résultat», dit-il.

Selon lui, la meilleure façon d’augmenter le taux de participation serait de combiner les élections scolaires au scrutin municipal.

Lors de sa campagne électorale, M. Urlea a fait du porte-à-porte. Il croit être parvenu à influencer certaines personnes à sortir de chez elles pour aller voter.

Il espère maintenant avoir la chance de terminer son premier mandat et servir d’exemple aux jeunes de Montréal-Nord, pour les motiver à s’impliquer.

Abdelnasser Toubal représente, quant à lui, les parents de 2000 élèves de l’école secondaire Henri-Bourassa.

Selon lui, peu importe la décision que prendra le gouvernement, «il faut trouver un moyen pour que les parents soient bien représentés».

M. Toubal s’explique toutefois mal pourquoi le taux de participation a été si bas.

«Il y a beaucoup de parents intéressés par l’école qui n’ont pas voté. J’étais étonné et je ne comprends pas», dit-il.

Il attend maintenant de voir la formule que le gouvernement entend mettre de l’avant.

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