Mario Beauregard/Métro Justine McIntyre a lancé la campagne de Vrai changement pour Montréal dimanche.

C’est avec l’intention de consolider ses acquis et d’apporter une «troisième voix» à l’hôtel de ville que le parti Vrai changement pour Montréal (VCPM) a lancé sa campagne électorale, dimanche.

La formation dirigée par Justine McIntyre, qui ne compte présentement que quatre élus – principalement dans l’Ouest de l’île –, s’est donnée comme objectif clair d’accroître sa présence au conseil municipal.

«On espère une salle de conseil divisé en trois, pour permettre un meilleur débat, a affirmé Mme McIntyre, conseillère de ville de l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro. En ce moment, le débat est presque inexistant. Si le parti de Denis Coderre obtient la majorité absolue, il serait très difficile d’amener nos idées au conseil municipal.»

Même si le parti a choisi de ne pas présenter de candidat à la mairie de Montréal, VCPM s’est tout de même doté d’une vaste plateforme électorale «pragmatique» et basée sur des valeurs «communautaires et environnementales».

«Nos trois piliers sont le respect des citoyens, de l’environnement et de la communauté, a illustré Justine McIntyre, qui compte faire de la lutte à la centralisation un de ses chevaux de bataille.

«Quand la ville est gérée de façon centralisée, on perd notre sens de la communauté. Les gens perdent leur interaction avec le gouvernement de proximité. Ils sentent que les élus ne les représentent plus, mais sont au service d’un gouvernement central. Ce n’est pas le but d’une ville.»

«Les gens ont peur de se faire “montréaliser”. Nous voulons mettre de l’avant l’intérêt local, tout en étant conscient qu’on fait partie de la Ville de Montréal» – Bernard Blanchet, candidat à la mairie de Lachine

Le parti formé par Mélanie Joly à l’aube des élections de 2013 compte présentement 17 candidats principalement dispersés dans quatre arrondissements: Lachine, Ville-Marie, Ile-Bizard-Sainte-Geneviève et Pierrefonds-Roxboro, où Justine McIntyre convoitera la mairie locale.

D’autres aspirants devraient s’ajouter dans les prochains jours, mais le parti est bien conscient qu’il ne sera pas présent à la grandeur de Montréal.

«Ce n’est pas l’objectif non plus, a avoué celle qui a travaillé au sein des organismes Dans la rue et La souris verte. Je ne veux absolument pas voir de “candidat poteau”. Je veux avant tout renforcer les endroits où nous sommes présents avant d’aller plus loin. Bien sûr, il y a des arrondissements dont je rêve, comme Saint-Léonard. […] Mais ce n’est pas évident de nous développer partout. Nous n’avons pas les ressources d’un parti comme celui de Denis Coderre.»

VPCM ne se cache pas qu’il veut réaliser le maximum de gains dans les anciennes municipalités fusionnées à Montréal en 2002, un terreau très fertile pour ses idées décentralisatrices.

«C’est sûr que les villes qui se sont opposées aux fusions sont maintenant les arrondissements qui peuvent se rallier à un troisième parti, a-t-elle jugé. Mais l’idée n’est pas de fractionner la ville, plutôt de changer son fonctionnement de l’intérieur, de pouvoir répondre aux besoins de tout le monde et non de seulement parler au nom d’un groupe central.»

«On ne veut pas tomber sous le règne de Denis Coderre, qui dirigerait tous les arrondissements de la même manière. Nous pensons que c’est important d’avoir d’autres groupes majoritaires dans les arrondissements afin d’avoir, sinon une autonomie, au moins une voix qui représente les besoins des citoyens dans les arrondissements.»

Apprentissage
Malgré des rapprochements, Projet Montréal et VCPM ont laissé tombé leur projet de fusion au début de l’été.

Justine McIntyre reconnaît avoir évolué depuis ce rendez-vous raté.

«Dans mes conversations avec Projet Montréal, je suis peut-être intervenue de façon trop brusque. Je suis arrivée avec un message de changement. Mais c’est un parti qui est installé depuis longtemps. Ils ont leur vision et leurs adhérents. On ne peut pas simplement arriver et les faire changer de direction. J’ai appris à respecter les différents filons qui existent en politique.»

«En bout de ligne, nous avons décidé de faire chemin séparément. Peut-être qu’éventuellement nous allons trouver une autre façon de travailler ensemble, mais le bon moment n’était pas venu.»

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