Isabelle Bergeron/TC Media Le Centre d’hébergement Denis-Benjamin-Viger à L’Île-Bizard accueille 125 aînés.

Après avoir vu une douzaine de préposés aux bénéficiaires du Centre d’hébergement Denis-Benjamin-Viger, à L’Île-Bizard, partir en arrêt de travail depuis décembre, le syndicat dénonce de récentes coupes de postes, qui occasionneraient une hausse des accidents de travail et forceraient même certains résidents à passer la nuit dans leurs excréments.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île a en effet procédé en mai à une réorganisation de travail, coupant six postes de préposés aux bénéficiaires, dont quatre étaient vacants.

«Personne ne nous a mis au courant, on ne sait pas pourquoi ces postes ont été coupés», déplore Denise LaPointe, la présidente du syndicat qui fait partie de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Parmi ces postes, un quart de nuit a perdu un préposé sur cinq. Selon le syndicat, celui-ci fournissait une aide cruciale aux autres, chacun responsable d’un des quatre étages du centre. Et cette perte semble faire bien des mécontents.

Réorganisation
Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île soutient que, «avec l’évolution de la clientèle en hébergement et en raison de l’état de santé de plus en plus fragile des usagers, une évolution des pratiques a mené à une réorganisation de travail dans la majorité des CHSLD au Québec, et ce afin de fournir des services de qualité, sans modifier l’offre.»

Le CIUSSS ajoute que «en tant qu’institution publique, nous avons le devoir de revoir régulièrement nos pratiques, afin de nous assurer de leur efficacité, tout en maximisant chaque dollar dépensé, a-t-on répondu au CIUSSS, par courriel. Les postes coupés étaient tous inintéressants pour les employés, en raison de leur faible nombre d’heures, soit des quarts de six heures.»

On souligne finalement que les arrêts de travail sont pris au sérieux, et que les ressources humaines mènent un recrutement intensif pour pourvoir aux postes vacants.

Accidents
Selon le syndicat, depuis les récentes coupes, le personnel cumule une centaine d’heures supplémentaires par mois, afin de subvenir aux besoins des résidents.

 «C’est lorsque les préposés sont obligés de faire tout seuls le travail de deux personnes qu’ils se blessent. On vient de recevoir, encore cette semaine, neuf rapports d’accident. Ça empire de semaine en semaine. Les travailleurs font des <@Ri>burnouts<@$p>, tombent en assurance-salaire», déplore André Berlinguette, agent de grief du syndicat à la résidence.

Toujours selon le syndicat, la qualité du service aux résidents s’en trouverait également diminuée. «Il y a des résidents qui restent dans leur urine et leurs selles durant la nuit, parce que les préposés manquent de temps», indique Mme LaPointe.

M. Berlinguette souligne également que les relations de travail se dégradent. «Depuis un petit bout, on a des appels au bureau. Ça ne dérougit pas. Les préposés n’ont pas le temps de changer toutes les culottes durant la nuit. Certaines tâches débordent sur le prochain quart de travail. Ça commence à faire de la chicane entre les différents quarts de travail.»

Denise Lapointe ajoute que «souvent, pour déplacer des résidents ou changer les culottes d’incontinence, ça prend deux personnes pour le faire de façon sécuritaire. Une personne suffit dans certains cas, où le résident est un peu autonome. Mais on n’en trouve pas beaucoup, ici.»

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal affirme n’avoir reçu aucune plainte de la part des familles, du comité des résidents ni de la Commissaire aux plaintes et à la qualité des services.

«Nous consultons également le comité des résidents sur une base régulière et proactive, afin d’être mis au courant d’éventuels problèmes qui pourraient survenir. [Nous avons] récemment donné une formation à tout le personnel du Centre d’hébergement, afin de leur fournir les meilleurs outils et méthodes à utiliser avec la clientèle ayant des troubles cognitifs et ainsi prévenir les accidents de travail.»

TC Media a tenté d’obtenir une réaction de la part du ministre de la Santé, qui nous a redirigés vers le CIUSSS.

Le comité de résidents de l’établissement de santé n’a pas non plus retourné nos appels.

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