Archives TC Media Deux conseillers municipaux du parti Vrai changement pour Montréal, dont la chef intérimaire Justine McIntyre, ont dénoncé une contribution de 15 877 $ à l'organisme AJOI lundi soir.

Deux conseillers municipaux de l’opposition à Pierrefonds-Roxboro critiquent la décision du conseil d’arrondissement d’avoir autorisé une contribution de près de 16 000$ à l’organisme Action Jeunesse Ouest-de-l’Île (AJOI) alors que ce dernier disposait d’une encaisse de 171 109$ à la fin de la dernière année fiscale.

Le versement de la somme de 15 877 $ découle d’une entente avec la Ville-centre afin de permettre à l’organisme de poursuivre sa mission de travail de rue auprès de jeunes défavorisés.

En entrevue à TC Media mardi, le directeur général d’AJOI, Benoit Langevin, a décrié les dires du conseiller d’arrondissement Bois-de-Liesse, Roger Trottier prononcés lundi soir lors de la dernière séance du conseil municipal.

«On n’a pas 171 109 $ de surplus. C’est de l’encaisse. On retrouve là-dedans des projets qui chevauchent plus d’une année fiscale. C’est vrai qu’on a 171 109 $, mais ça inclut des projets qui sont sur trois ans. Il y a 100 000$ dans ce montant qui va à l’année fiscale d’après», indique-t-il.

Lors de l’année 2015-2016, l’arrondissement a voté l’octroi d’un montant total de 83 035,86$ $ à AJOI, dont une somme de 10 000 $ qui provenait des coffres de l’arrondissement, le reste étant déboursé par des programmes gérés par la Ville-centre.

Cette contribution est une augmentation de 63 % par rapport à l’année précédente alors que 50 862 $ avait été décerné en 2014-2015.

Ayant, quant à elle, apprit du directeur d’arrondissement qu’AJOI aurait reçu 105 862 $ en 2014-2015, la conseillère de la Ville pour Bois-de-Liesse, Justine McIntyre a aussi questionné en entrevue avec TC Media la pertinence de financer à ce point l’organisme.

«On ne s’oppose pas aux projets qui sont proposés, mais on se demande pourquoi ça va toujours au même organisme. Il y a d’autres organismes qui font des activités avec les jeunes comme les maisons de jeunes ou le Carrefour 6-12. Est-ce qu’on a besoin pour 100 000$ de travail de rue à Pierrefonds ? Ça n’a pas été démontré qu’on a un besoin réel de cette ampleur», fait-elle valoir.

De son côté, M. Langevin croit que les besoins pour les services offerts par AJOI sont criants dans l’arrondissement.

«Pierrefonds-Roxboro est l’arrondissement où il y a le plus de jeunes défavorisés dans l’Ouest-de-l’Île. 18 % des jeunes de moins de 34 ans vivent dans une poche de pauvreté. On a un travailleur de rue et demi pour un territoire de 27 km de long où beaucoup de jeunes fréquentent une école dans une autre municipalité. On devrait avoir au minimum trois travailleurs de rue, si ce n’est pas quatre pour avoir des ratios qui font du sens», souligne-t-il.

Accusation
Mme McIntyre se questionne aussi sur la proximité de M. Langevin, avec le maire de l’arrondissement, Dimitrios (Jim) Beis, alors qu’il aurait aussi des intérêts de se lancer en politique municipale, des faits confirmés à TC Media par M. Langevin.

«Si ce sont des fonds qui sont octroyés par le conseil, par l’équipe avec laquelle il va éventuellement se présenter. Et s’il est présent à des évènements avec le conseil, alors c’est à se poser la question si on est en train de faire la promotion d’une personne ou est-ce que vraiment on donne des fonds selon le programme qui est offert», questionne la conseillère.

M. Langevin qui dit n’être pas rendu à prendre une décision par rapport à son intérêt pour la politique municipale se défend d’être en conflit d’intérêts et accuse Mme McIntyre de partisannerie.

«Pourquoi cette approche partisane? Il ne faut pas mélanger les rôles de chacun. On travaille tous les deux pour nos voisins. Elle décide de politiser la chose et de faire des allusions et d’essayer de tout de suite m’embarquer dans une course vers les élections. Je ne suis pas rendu là. En ce moment, je développe des services pour les plus vulnérables. Elle devrait encourager ça et ne pas y nuire», explique M. Langevin.

Pour sa part, le maire Dimitrios (Jim) Beis juge inacceptable que l’opposition fasse dans ce dossier ce qu’il qualifie de «petite politique».

«C’est dommage qu’on vise un organisme qui fait un travail exceptionnel dans l’Ouest-de-l’Île au niveau des jeunes. Pourquoi parle-t-on de conflit d’intérêts ? AJOI a appliqué pour une subvention pour offrir un projet et un programme local. Cet organisme est tellement nécessaire dans l’Ouest-de-l’Île», tranche le maire Dimitrios (Jim) Beis.

Depuis 10 ans, l’arrondissement a voté des contributions de 649 712 $ à AJOI.

Il a été impossible de savoir si l’organisme a été parmi les plus favorisés par l’arrondissement au cours des dernières années en termes de financement.

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