Isabelle Bergeron Quelques centaines de personnes se sont déplacées à l'hôtel Sheraton de Dorval le 20 avril pour la première partie de l'audience publique du BAPE sur le projet de nouvelle ligne électrique de 315 kV à Dollard-des-Ormeaux

Chargé au printemps d’enquêter sur le projet de nouvelle ligne d’alimentation d’Hydro-Québec à 315 kiloVolts (kV) pour Dollard-des-Ormeaux, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a conclu dans son rapport publié jeudi que le projet est «généralement acceptable dans une perspective de développement durable».

Bien que la commission d’enquête du BAPE reconnaisse que l’option souterraine, réclamée par plus de 1000 résidents de Dollard-des-Ormeaux, répondrait davantage aux préoccupations exprimées lors des audiences, elle juge que le scénario d’une ligne souterraine comprendrait des coûts élevés et des défis techniques complexes.

«Ce n’est pas la meilleure option pour une zone résidentielle hautement populeuse. La meilleure option serait une ligne souterraine», croit cependant Lynette Gilbeau, la porte-parole du groupe citoyen «Build it underground DDO».

Rappelons qu’Hydro-Québec évalue à 59 M$ le coût d’une ligne souterraine alors que l’option aérienne coûterait 14 M$, tout en ayant une durée de vie deux fois plus longue. Le projet, d’une valeur totale de 90 M$ prévoit également la rénovation du poste Saint-Jean au coût de 76 M$.

«Le projet de ligne aérienne respecte le principe d’équité. On ne doit pas faire reposer les coûts d’une ligne souterraine à l’ensemble des clients d’Hydro-Québec», a indiqué jeudi le porte-parole de la société d’État, Jean-Philippe Rousseau.

Valeur marchande
Le BAPE indique dans son rapport de 109 pages qu’Hydro-Québec devrait convenir avec les résidents des mesures afin d’atténuer les impacts éventuels.

«On veut poursuivre notre collaboration avec la Ville et les résidents. Hydro-Québec a offert d’investir 1 M$ pour faire des aménagements paysagers dans l’emprise de la ligne existante», souligne M. Rousseau.

Alors que l’impact sur la valeur marchande des propriétés avait représenté un point litigieux lors des audiences publiques cette année, la commission d’enquête du BAPE reconnaît dans son rapport qu’il est possible que le projet ait un impact négatif sur la valeur de certaines propriétés adjacentes à la nouvelle ligne.

L’organisme estime que Québec devrait mener des consultations afin d’évaluer s’il y aurait lieu d’établir un dispositif d’évaluation et d’indemnisation à l’amiable pour compenser la perte de valeur marchande de propriétés résidentielles existantes.

«C’est une déclaration positive de reconnaître l’impact sur la valeur marchande des maisons et le fait qu’il devrait y avoir un quelconque mécanisme de compensation. Bien sûr, c’est un problème qui n’existerait pas si la ligne était enfouie», fait valoir Mme Gilbeau.

«Le rapport stipule que la possible perte de valeur de certaines propriétés ne justifie pas l’enfouissement de la ligne, argue quant à lui M. Rousseau. Les dites propriétés ont été construites après l’établissement de l’emprise. La majeure partie du développement résidentiel s’est réalisée entre 1975 et 1998 au moment où il y avait deux lignes».

Une ligne de 315 kV avait en effet été bâtie en 1970 avant d’être démantelée en 1998 lors de la crise du verglas.

M. Rousseau rappelle que selon le cadre légal au sein duquel la société d’État travaille, Hydro-Québec verse seulement des compensations lorsqu’elle doit obtenir des droits de propriété. Hors, l’emprise actuelle est assez large pour accueillir la nouvelle ligne.

«La suggestion du BAPE d’établir un dispositif d’indemnisation s’adresse au gouvernement. Hydro-Québec demeure à l’écoute des recommandations qui pourraient être formulées par Québec», admet M. Rousseau.

Le rapport du BAPE stipule également que les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de conclure que l’exposition aux champs électromagnétiques a des effets sur la santé.

Comité de liaison
Le BAPE suggère aussi qu’un comité de liaison composé de citoyens riverains et de représentants de la Ville de Dollard-des-Ormeaux et du promoteur soit formé.

Le comité conviendrait des mesures d’atténuation à mettre en place en lien avec l’agrandissement du poste Saint-Jean et la configuration de la ligne.

«On avait déjà proposé de faire un comité avec la Ville et des citoyens lors des audiences. Si la Ville et les citoyens veulent aller de l’avant, on est prêts. Mais il va falloir travailler à l’intérieur des exigences gouvernementales», précise M. Rousseau.

Hydro-Québec prévoit commencer de construire la nouvelle ligne au printemps 2017 et celle-ci devrait entrer en fonction deux ans plus tard.

Le groupe citoyen «Build it underground DDO» manifestera devant le poste Saint-Jean au coin des boulevards de Salaberry et Saint-Jean dimanche à 13h.

Il n’a pas été possible de rejoindre le maire de Dollard-des-Ormeaux, Ed Janiszewski avant l’heure de tombée.

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