TC Media/François Lemieux Des jeunes en réinsertion sociale participent à la récolte de légumes biologiques.

Le projet d’agriculture urbaine «Cultiver l’espoir» connait une croissance fulgurante. L’organisation, qui cultive des légumes bio sur les terres agricoles non-exploitées du Bois-de-la-Roche, à Senneville, pourra, en 2016, distribuer des produits de la ferme à quelques 25 000 familles démunies de Montréal, une hausse de 66%.

Moins d’un an après avoir effectué sa première récolte dans l’Ouest-de-l’Île avec des jeunes en réinsertion sociale, Cultiver l’espoir dit être parvenu à faire pousser plus de 100 000 kg de légumes cet été.

«On avait l’objectif de donner au moins autant que l’année dernière en terme de légumes frais, c’est ce qui a été fait. Je pense même qu’on va atteindre un peu plus que l’année dernière», affirme Nicolas Regnault, agent de projet et de développement au Regroupement Partage.

Cinq hectares
Cette augmentation de la production s’explique par la croissance de la superficie cultivable dont dispose le projet.

De deux hectares de terres agricoles non-exploitées en 2015, «Cultiver l’espoir» disposait cet été de plus de cinq hectares pour cultiver des légumes. Toutes les terres prêtées appartiennent à la Ville de Montréal.

Cela a permis la production de carottes, s’ajoutant aux choux et aux rutabagas. Des betteraves seront aussi cultivées dans les prochaines années.

D’ici 5 à 7 ans, 27 hectares de terrains seront exploités, ce qui devrait permettre la production de 250 000 sacs de légumes de 2,27 kg, pour un total de 550 000kg.

Une partie des légumes récoltés sera redistribuée à trois banques alimentaires, soit Moisson Montréal, Mission Bon Accueil et Jeunesse au Soleil.

Réinsertion sociale
L’organisme D-Trois Pierres, qui gère la ferme du Cap St-Jacques et participe à la revitalisation des terrains du Bois-de-la-Roche, collabore au projet.

L’entreprise d’insertion sociale en agriculture biologique emploie 18 jeunes âgés entre 18 et 30 ans.

«C’est aussi un point qui nous avait charmé dans le projet, de permettre à des jeunes d’apprendre le métier d’agriculteur», admet M. Regnault.

Fondée par les Sœurs de Ste-Croix, l’entreprise d’économie sociale a comme objectif de rendre autonome les jeunes vivant des situations d’exclusions sur le marché du travail.

Autofinancement
En plus des denrées remises aux banques alimentaires, le projet remettra une importante partie de sa récolte aux supermarchés Metro et Super C de la province.

Plus de 50 000 sacs de 2lb de carottes biologiques y seront vendus à compter de la mi-novembre de permettre l’autofinancement du projet.

«Le projet regroupe beaucoup d’intervenants qui touchent la lutte contre l’insécurité alimentaire, et de pouvoir servir cette cause-là, c’est formidable. Tout le monde y gagne», soutient Geneviève Grégoire, porte-parole de Metro.

Les sacs de carottes biologiques seront identifiés au nom du projet «Cultiver l’espoir».

Selon le bilan faim de Moisson Montréal, 146 230 personnes, dont 23 % sont des enfants, reçoivent une aide alimentaire chaque mois. Ces données n’incluent pas les Montréalais qui fréquentent les banques alimentaires non soutenues par l’organisme.

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