François Lemieux/TC Media Ex-caporal de la 5e division blindée de l'Armée canadienne, Robert Routledge, 94 ans, habite Pincourt depuis 39 ans.
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Le vétéran Robert Routledge exhibe un brassard nazi récupéré sur un soldat allemand parachutiste mort lors de la deuxième guerre mondiale. «Je me demande souvent si il avait une femme et des enfants», se questionne le vétéran.

Au fil des années, les vétérans de la dernière guerre mondiale se font de plus en plus rares lors des célébrations du Jour du Souvenir. Robert Routledge fait partie des quelque 61 000 vétérans de la guerre 1939-45 encore en vie au pays. Membre de la Légion canadienne de Sainte-Anne-de-Bellevue, il n’a cependant pu assister aux célébrations organisées par la Légion dimanche dernier, une première pour l’ex-caporal de 94 ans.

«On a toujours un évènement organisé, mais je n’irai pas cette année. J’ai 94 ans, mes jambes sont un peu faibles. Mais je serai là à la commémoration au collège John Abbott jeudi. On nous y traite toujours très bien», explique-t-il.

Il y a 76 ans cet automne, M. Routledge s’engageait au mois d’octobre 1940, à l’âge de 17 ans, dans les Forces armées canadiennes pour le service actif outre-mer, et ce, même s’Il fallait pourtant 18 ans pour s’enrôler.

«Je m’étais joint à la réserve en juillet, puis je me suis dit, que diable ? Pourquoi pas ?», rigole-t-il.

Caporal
Promu caporal, M. Routledge devient opérateur radio dans un char de commandement, ce qui lui permet de rester relativement à l’écart des combats.

Entre 1943 et 1945, il aura l’occasion de traverser l’Europe au sein de la 5e division blindée canadienne dans un «Sherman», un char notamment désavantagé pour ce qui est de l’armement et du blindage par rapport aux chars moyens et lourds allemands en service à ce moment.

Malgré tout, lorsqu’on lui demande s’il se considère chanceux de n’avoir pas eu à participer aux combats directement, M. Routledge répond par la négative et ajoute simplement qu’il avait «un travail à faire. On devait s’occuper des communications».

Cela ne l’a pas empêché de vivre les horreurs de la guerre alors qu’il a perdu un ami très proche dans une explosion. « J’avais un bon ami qui venait de Hudson. Il a été tué lorsque sa jeep a roulé sur une mine», se souvient le vétéran.

Après avoir participé à la campagne d’Italie en 1943, l’unité de Routledge devait participer au débarquement de Provence dans le sud-est de la France en 1944. Peu avant l’opération, on lui diagnostiqua une gorge irritée.

«Le docteur m’a dit que je ne pouvais pas aller à Marseille. Je lui ai dit « donnez-moi du sel et ça va aller ». Je n’allais quand même pas rester derrière», explique-t-il. Je n’ai aucun regret par rapport au temps que j’ai passé dans les forces armées».

Respect
Bien qu’il n,ait pas été directement impliqué dans les combats avec les soldats de l’Allemagne Nazie, M. Routledge dit avoir toujours eu un respect profond pour ses adversaires.

Mais, encore aujourd’hui, il a une profonde haine envers les soldats SS, coupables de nombreux crimes de guerre.

À mesure que les années avancent, les anciens camarades d’armes se font plus rares pour M. Routledge qui philosophe toutefois qu’on «ne peut empêcher ça (la mort). Quand c’est notre heure, c’est notre heure».

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