Isabelle Bergeron/TC Media Une réplique du modèle Blériot XI «Scarabée», le premier avion à survoler la Ville de Montréal en 1910

Le Musée de l’aviation de Montréal, qui loue présentement un ancien bâtiment de ferme de Sainte-Anne-de-Bellevue, cherche à acquérir ou construire un nouvel immeuble afin de poursuivre son envolée.

Le Musée, anciennement connu comme le Centre canadien du patrimoine aéronautique (CCPA), a vu son fondateur, Godfrey Stewart Pasmore, s’éteindre en 2016. L’homme qui a consacré plus de 10 ans de sa vie dans la création de cet établissement, laisse un héritage unique et malheureusement encore méconnu de la plupart des montréalais.

Ouvert depuis 2009, l’établissement de Sainte-Anne-de-Bellevue est situé sur la rue White Cottage Campus, entre l’A-20 et l’A40, juste à côté du Campus McDonald de l’Université McGill.

Actuellement, le Musée dispose d’un espace de 20 000 pieds carrés et aimerait doubler sa superficie.
«On cherche de nouveaux locaux qui nous permettront d’acheter et de construire plus d’avions d’époque», confirme le chef aux opérations du Musée, Eric Campbell.

Cinq avions
Le Musée de l’aviation de Montréal constitue le seul musée québécois consacré à la fois à l’aviation civile et militaire. On y raconte les premiers balbutiements de l’aviation au pays, du commencement du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, notamment à l’aide de répliques d’avions ayant marqué l’histoire et d’objets ayant appartenu à des légendes canadiennes de l’aviation.

Des avions authentiques et des répliques reconstruites par des membres du musée peuvent y être admirés, dont le modèle Blériot XI «Scarabée», le premier avion à survoler la Ville de Montréal en 1910, ce qui fut par ailleurs le premier vol au-dessus d’une ville canadienne.

Par ailleurs, le musée, en est présentement à restaurer un Bristol Bolingbroke Mark IV, de 1942, le premier avion canadien à avoir été fabriqué entièrement en métal selon un procédé dit de «stressed skin». Plus de 600 de ces avions ont été construits à Longueuil.

Fumier
Fondé en 1998, il aura fallu un peu plus de dix ans et 25 000 heures de travail avant que le musée, un ancien bâtiment de ferme, n’ouvre ses portes au public, en 2009.

Son fondateur, travailleur infatigable, a notamment vidé à la pelle lui-même le fumier du bâtiment devant accueillir le Musée, une tâche qui avait nécessité un an de travail.

Une trentaine de bénévoles ainsi qu’un employé travaillent désormais chaque semaine au Musée.

Simulateurs de vol
Le Musée compte deux simulateurs de vol, dont un qui réplique les caractéristiques d’un appareil Cessna 172. Cette pièce d’équipement n’est toutefois disponible que lors d’évènements spéciaux.

Tous les samedis, le bénévole André-Charles Lefrançois vient aussi faire des démonstrations avec son simulateur de B-25 Mitchell, un bombardier moyen américain de la deuxième guerre mondiale.

L’ex-pilote a construit lui-même le simulateur de bois qui, hormis le mouvement, recrée les conditions de vol de cet appareil ayant servi en Europe et en Asie lors du dernier conflit mondial.

«Je suis né avant la guerre, donc j’ai vu beaucoup d’avions. Après la guerre, on retrouvait ces avions sur les aéroports de Marseille et des environs. J’ai toujours aimé ces avions et leur bruit, ça m’a toujours plu. Tant qu’à faire de la simulation, il faut le faire sur de petits avions et non sur des 737 ou 747 ou c’est simplement du pressage du bouton», indique-t-il.

Même s’il permet souvent aux visiteurs de prendre place dans le cockpit, M. Lefrançois mentionne que seuls les pilotes accrédités peuvent faire un test du simulateur.

Vêtements
Le musée possède également de nombreux effets personnels ayant appartenu à des pilotes et héros de guerre, des objets qui prennent vie lors des visite du guide, Eric Campbell.

La veste du pilote de guerre canadien Gordon Starky, exposée au deuxième étage et dont le bouton du haut est défait, nous ramène au climat tendu des tavernes du Royaume-Uni de la deuxième guerre mondiale.

«Les pilotes de chasse avaient développé ce truc afin d’éviter d’être pris pour des équipages de bombardier, souvent méprisés par les militaires de l’armée de terre en raison des tirs amis qui causaient accidentellement la mort de soldats alliés», raconte le guide.

Le Musée est ouvert les lundis, mardis et samedis de 9h30 à 14h30. Organisme à but non lucratif, il dépend exclusivement des dons reçus de tierces personnes et d’évènements de collecte de fonds. Bien qu’il n’y ait pas de prix d’entrée, une donation de 8 $ est suggérée pour les adultes, et de 4 $ pour les 6 à 12 ans.

Lors des visites sous supervision, il est souvent permis aux enfants de prendre place dans les cockpits de certains avions en exposition et de faire bouger les commandes.

Pour en apprendre plus, visitez le http://www.cahc-ccpa.com/fr/.

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