François Lemieux/TC Media Le conseiller du district 2, Errol Johnson et le maire, Ed Janiszewski se sont livrés à une joute verbale sur la possibilité de voir Dollard-des-Ormeaux utiliser des deniers publics pour défrayer l'enfouissement d'une nouvelle ligne électrique d'Hydro-Québec.

Une résolution de la Ville de Dollard-des-Ormeaux ouvrant la porte à un éventuel partage avec Hydro-Québec des coûts supplémentaires d’enfouissement de 45 M$ d’une future ligne électrique devant traverser la municipalité, crée de la dissension au sein du conseil municipal.

À la fin de 2014, Hydro-Québec a fait savoir aux citoyens son intention de prolonger une ligne de transport de 315 kilovolts (kV) sur une distance de 3 km à travers la municipalité de l’Ouest-de-l’Île. Depuis ce temps, la Ville réclame que les fils de la nouvelle ligne soient enfouis, une option que la société d’État juge trop onéreuse.

Le mois dernier, la Ville votait une résolution laissant planer l’option de partage de la facture des coûts d’enfouissement avec Québec.

On pouvait lire, dans le préambule de la résolution, que «le conseil aimerait avoir l’opportunité de considérer le financement des coûts supplémentaires liés à l’installation souterraine de la future ligne d’alimentation à 315 kV. […] Dollard-des-Ormeaux désire étudier avec Hydro-Québec la possibilité d’un partage des coûts supplémentaires».

Lors de la séance du conseil de mardi, le conseiller du district 2, Errol Johnson, a fait une sortie virulente contre la résolution votée en son absence le mois dernier.

«Je ne comprends pas pourquoi la Ville de Dollard-des-Ormeaux peut considérer subventionner une grande compagnie comme Hydro-Québec pour des millions de dollars sans consulter les citoyens», a vociféré M. Johnson.

Le vote de six élus en faveur de la résolution controversée, dont celui du maire Ed Janiszewski, avait prévalu sur l’opposition de deux conseillers, Alex Bottausci et Peter Prassas.

Coûts
Hydro-Québec évalue à 59 M$ la facture de l’option souterraine dans le cadre du projet qui prévoit également la rénovation du poste Saint-Jean, situé à l’intersection des boulevards Saint-Jean et de Salaberry, au coût de 76 M$.
L’option de fils aériens se chiffrerait à 14 M$. C’est donc un écart de 45 M$ qui est en jeu.

À différentes occasions en 2015 et lors des audiences publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) au printemps dernier, Hydro-Québec a laissé savoir qu’elle serait disposée à envisager l’enfouissement des fils si Dollard-des-Ormeaux s’engageait à assumer l’entièreté des coûts supplémentaires.

«Dans la mesure où la ville de DDO est sérieuse dans sa démarche, Hydro-Québec est d’accord pour envisager une telle répartition des coûts, ce qui représenterait une première pour l’enfouissement d’une ligne de transport d’électricité au Québec», souligne le conseiller, relations avec le milieu pour Montréal, d’Hydro-Québec Rousseau.

Débat
Devant la sortie du conseiller Johnson, le maire a répondu que «qu’aucune décision n’avait été prise pour payer pour l’enfouissement des fils. Nous leur avons seulement demandé quels seraient les coûts».

En entrevue à TC Media, M. Johnson a ajouté que l’option de partage des coûts créerait un mauvais précédent pour d’autres municipalités québécoises. Hydro-Québec a confirmé, mercredi, qu’un tel partage des coûts pour l’enfouissement d’une ligne de transport n’a jamais été effectué auparavant au Québec.

Évasif

Lors d’un court entretien avec TC Media, le maire Janiszewski est resté évasif sur la probabilité de voir la municipalité délier les cordons de sa bourse pour partager avec Québec les frais d’enfouissement de la nouvelle ligne.

«Il n’y a aucune chance… Je suis ici depuis 33 ans. Le conseil m’appelle cheap parce que je ne dépense pas d’argent. On voulait avoir les chiffres», précise-t-il.

Ce dernier affirme ne pas se fier à l’évaluation effectuée par Hydro-Québec selon laquelle le coût d’une ligne souterraine serait de 59 M$.

M. Janiszewski voudrait obtenir un sommaire des coûts plus détaillé que celui avancé par Hydro-Québec.

Hydro-Québec
De son côté, Jean-Philippe Rousseau a fait savoir à TC Media que les coûts avancés «reposent sur le savoir-faire d’Hydro-Québec et constituent l’estimation la plus précise que nous pouvons réaliser avant de débuter l’ingénierie de détail».

L’ingénierie de détail constitue un processus qui s’enclenche uniquement si un projet va de l’avant, à l’étape des plans et devis.

Si la Ville décidait d’opter pour un partage des coûts avec Hydro-Québec, elle aurait jusqu’au mois de mai afin de conclure une entente avec la société d’État.

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