Noëlle Garnier/TC Media La directrice générale de Partage-Action, Leanne Bayer. Partage-Action soutient désormais 41 organismes communautaires, un de plus que l'an dernier.

L’organisme de socio-financement Partage-Action de l’Ouest-de-l’Île a tenu, mardi, sa traditionnelle soirée de célébration à la salle Pauline-Julien du Cégep Gérald-Godin, afin de distribuer officiellement les fonds amassés aux organismes qu’il soutient. Cette année, 41 chèques ont été remis pour une valeur de plus de 1,2 M$.

«C’est ma soirée préférée de l’année, indique la directrice générale, Leanne Bayer. On a pu cette année dépasser notre objectif. Dans une soirée comme ce soir, tout le monde voit l’impact des dons. C’est un impact réel dans notre communauté On écoute les témoignages et on voit tous les groupes».

Comme à chaque année, la soirée a donné lieu à des témoignages touchants de la part de clients d’organismes aidés par Partage-Action. Cliente du Projet Leave Out Violence (LOVE) depuis deux ans, Krystal Uribe est montée sur scène pour décrire comment cet organisme l’a aidé à remettre sa vie sur pied au cours des deux dernières années.

Krystal Uribe, 17 ans, a livré un témoignage émouvant lors de la cérémonie, mardi soir.

Toucher le fond
«Depuis un jeune âge, j’étais consumée par la maladie mentale. J’ai souffert de dépression, d’abus verbaux et physiques. À l’âge de 15 ans, j’ai décidé que la vie n’était plus pour moi. J’ai décidé de me noyer. Heureusement, je suis encore en vie. Mais j’ai été institutionnalisée. J’ai touché le fond», raconte-t-elle.

Se sentant totalement perdue, à la sortie de l’hôpital psychiatrique, Uribe est devenue très violente à l’égard de ses parents.

«C’était mon seul exutoire. En réponse à ça, mes parents ne savaient pas quoi faire non plus. Ils ont décidé de m’envoyer ici en vacances pour me calmer. Je suis arrivée à Montréal avec peu d’attentes. Puis, j’ai pris la décision de faire en sorte que ma vie serait à propos de moi. J’ai déménagé de chez mes parents et j’ai commencé une nouvelle vie à Montréal», continue-t-elle.

À l’École Riverdale de Pierrefonds, Uribe a rencontré sa meilleure amie, qui lui a fait découvrir le Projet LOVE, un organisme qui, grâce à des programmes scolaires et parascolaires, vise à mettre fin au cycle de la violence tout en inspirant les jeunes à devenir des leaders en prévention.

Abordant le programme sans attentes, l’adolescente a été étonnée par ce qu’on lui a offert.

«C’est une communauté de jeunes qui parlaient de choses qui ont de l’importance pour moi et pour eux. J’ai réalisé qu’on connectait ensemble. Il y a eu plusieurs déclics. Dans cette salle, on était vraiment une famille. On parlait de choses importantes, on se donnait des conseils tout en étant honnêtes. J’avais besoin d’être entourée de gens comme ça», explique-t-elle.

Grâce au programme et ses activités, Uribe a pu trouver sa force personnelle: les mots. Elle a, depuis, obtenu de nombreuses opportunités avec LOVE de parler devant d’autres jeunes, d’aider à faciliter certains ateliers.

«À un certain moment, je ne pensais pas que j’allais me rendre plus loin que l’âge de 15 ans, mais j’ai 17 ans maintenant. Pour les jeunes comme moi, il faut juste un petit peu de soutien. Nous sommes des fleurs, il nous arroser et nous allons fleurir. Si ma force est dans les mots, pour d’autres, c’est l’écriture, la photographie ou tellement d’autres mediums que la violence», précise-t-elle.

Objectif ambitieux
Si l’objectif de 1,2 M$ a été dépassé d’un montant de 5000 $ cette année, Mme Bayer et son équipe auront fort à faire pour atteindre leur but, qui est de 1,3 M$ pour l’année fiscale en cours.

«C’est ambitieux comme objectif, mais on pense que la communauté est prête à nous aider à soutenir nos groupes communautaires», souligne-t-elle.

Rappelons que Partage-Action a dû trimer dur à la toute fin de sa campagne de financement pour atteindre son objectif de 1,2 M$.

À moins de deux semaines de la date limite du 31 mars, l’organisme se retrouvait d’ailleurs avec un manque à gagner dépassant les 40 000 $ pour atteindre son objectif. Afin de récolter cette somme, l’organisme avait organisé, le 22 mars, la «Journée Vivre ici, Donner ici», un sprint final de collecte de fonds auquel ont participé plusieurs entreprises.

Organismes les plus soutenus
Avec une aide de 67 000 $, les Services à la famille Amcal forment l’organisme ayant reçu le plus haut montant de Partage-Action. Agence communautaire à but non-lucratif, Amcal offre une variété de services pour promouvoir et préserver des relations familiales saines.

Le Projet communautaire de Pierrefonds obtient la deuxième contribution en importance, soit une aide de 65 000 $. Grâce à de nombreux programmes tels un camp de jour d’été, des diners communautaires ou l’aide aux devoirs, cet organisme travaille principalement à la création d’un environnement respectueux et sensible aux besoins et aux aspirations des enfants et des familles.

Également localisé à Pierrefonds, le Centre Bienvenue obtient cette année un chèque de 61 000 $, la troisième contribution en importance. Organisme à but non lucratif, sa mission est d’équiper les individus atteints de problèmes de santé mentale afin de les aider à reconnaître leur valeur et de leur offrir le soutien et les services nécessaires qui leur permettront de contribuer activement à la société. L’organisme offre des activités de socialisation, divers services et programmes de soutien, réadaptation et réintégration.

60 000
Nombre de personnes aidées annuellement par les 41 organismes soutenus par Partage-Action. 36 000 d’entre eux sont des jeunes.

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